L’Iran met en garde Marco Rubio : « Personne ne se laissera berner » par la tentative US de redéfinir le protocole d’accord Iran-USA

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« L’Iran a pris le dessus sur deux puissances nucléaires, qui bénéficiaient du soutien d’autres pays. Nous ne nous contentons pas de lancer des slogans : nous sommes bel et bien une superpuissance. » C’est ainsi qu’Ismail Baghaei, représentant du ministère iranien des Affaires étrangères, a résumé la signature du protocole d’accord avec les États-Unis.

L’Iran a fermement rejeté les récents propos du secrétaire d’État américain Marco Rubio concernant le mémorandum d’entente irano-US , soulignant que le texte prévoit une cessation globale des hostilités dans l’ensemble de la région.

Réagissant mercredi sur son compte X, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a contesté les déclarations de Rubio selon lesquelles les négociations entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que celles entre Israël et le Liban, relèvent de processus « distincts ».

S’exprimant à son arrivée à Abou Dhabi dans le cadre d’une tournée dans trois pays du golfe Persique destinée à informer les alliés régionaux de l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran, Marco Rubio a dit que « l’avenir du Liban appartient au peuple libanais à travers son gouvernement souverain et élu » et que Washington traiterait directement avec BLe mémorandum d’entente, signé le 17 juin et négocié par le Pakistan, engage les deux parties à une « cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban ».

« Une lecture attentive du protocole d’accord montrera que, lorsqu’il est question d’une fin complète des hostilités dans toute la région, eh bien cela n’est pas possible », a déclaré Rubio. Ces propos font suite aux affirmations du ministre israélien de la Guerre, Israel Katz, selon lesquelles Tel-Aviv « ne se retirera pas du Sud-Liban », même à la demande des États-Unis.

Rubio a soutenu qu’« il ne sera pas possible de mettre fin aux hostilités et aux conflits dans la région tant que » les groupes de résistance continueront de lancer des missiles et des drones.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a réagi à ces déclarations en soulignant : « Personne ne se laissera berner » par une telle interprétation erronée.

A lire: Le suivi du protocole d’accord d’Islamabad est au cœur des discussions lors de la rencontre entre le ministre pakistanais de l’Intérieur et Araghchi

« Nous ne pouvons pas espérer une région pacifique tant que le militarisme et l’interventionnisme américains perdureront, et que leur allié occupant continuera, en toute impunité, à mener des guerres sans fin dans la région et à commettre des génocides, des actes de terrorisme et toutes sortes d’atrocités », a-t-il ponctué, en référence claire à Israël.

L’interprétation du protocole d’accord par le secrétaire d’État américain contredit directement celle de l’Iran et des médiateurs qui considèrent que le document impose une cessation totale des hostilités sur tous les fronts.

Un conseiller de haut rang du Leader de la Révolution islamique, Mohammad Mokhber, a récemment averti que le non-respect de la première clause du protocole d’accord – prévoyant la fin de la guerre « sur tous les fronts » – entraînerait un arrêt des flux énergétiques à travers l’Asie de l’Ouest.

L’Iran avait déjà refermé le détroit d’Ormuz le 20 juin, invoquant l’incapacité de Washington à garantir le respect du cessez-le-feu par Israël dans le sud du Liban.eyrouth.

La tentative de Marco Rubio d’établir une distinction entre les dossiers Liban-Israël et États-Unis-Iran semble être une manœuvre stratégique visant à écarter Téhéran des décisions relatives à l’avenir de Beyrouth.

Toutefois, le premier cycle de négociations de haut niveau entre l’Iran et les États-Unis, tenu en Suisse, a déjà établi le mémorandum d’entente comme cadre central pour traiter l’ensemble des questions en suspens, y compris le dossier libanais.

En Suisse, l’Iran presse les États-Unis de faire cesser l’agression israélienne au Liban (Baghaï)

Dans une intervention télévisée ce samedi 20 juin, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a annoncé que la délégation iranienne chargée des négociations s’est rendue en Suisse afin d’exiger des États-Unis qu’ils respectent leurs engagements pris dans le cadre du mémorandum d’entente d’Islamabad, en particulier leur obligation de garantir l’arrêt des attaques israéliennes contre le Liban. Selon ses termes, cette visite ne doit pas être considérée comme une deuxième phase de négociations.

« Ce déplacement vise essentiellement à exiger que l’autre partie s’acquitte de ses engagements. Toute entente ou tout accord est, en définitive, mis à l’épreuve au stade de son application », a déclaré M. Baghaï lors de son entretien télévisé.

Tout en affirmant que le déplacement était initialement prévu pour vendredi et devait principalement permettre la signature du mémorandum d’entente, M. Baghaï a expliqué que le document a été finalement signé numériquement, par les présidents des deux pays, ce qui a rendu inutile la tenue immédiate d’une rencontre, a-t-il indiqué.

Il a indiqué que l’objectif de la délégation iranienne en Suisse est d’évaluer la manière dont l’autre partie entendait mettre en œuvre ses obligations et d’obtenir des garanties quant à leur exécution.

Les négociations en vue d’un accord final ne pourront débuter que lorsque la mise en œuvre des engagements prévus aux articles 1, 4, 5, 10 et 11 du mémorandum aura effectivement commencé et se poursuivra, a-t-il précisé, avant de déplorer le fait que cette condition ne soit pas réunie à ce stade.

Ailleurs dans ses remarques, M. Baghaï a averti que les violations du cessez-le-feu au Liban par Israël mettent en péril l’ensemble du mémorandum d’entente conclu entre Téhéran et Washington, affirmant que les États-Unis n’ont pas respecté leur engagement de contenir Israël.

Il a souligné que le premier article du mémorandum, portant sur la cessation de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, constitue le pilier central des engagements réciproques convenus entre les deux parties.

« Alors que l’Iran reste fidèle à ses obligations, l’autre partie doit contraindre le régime israélien à cesser ses attaques au Liban », a-t-il déclaré, tout en soulignant que son incapacité à le faire constitue une violation manifeste de l’entente.

Tout en reconnaissant que les engagements relatifs à la levée du blocus naval et à la réouverture du détroit d’Ormuz ont été mis en œuvre, M. Baghaï a mis l’accent sur le fait que le mémorandum doit être considéré comme un ensemble indivisible.

« Si une partie de l’entente n’est pas appliquée, c’est l’ensemble du mémorandum qui est remis en cause, en particulier son premier article, qui en est la disposition la plus importante », a-t-il affirmé, avertissant que l’accord pourrait rencontrer de graves difficultés si des mesures correctives n’étaient pas prises rapidement.

M. Baghaï a ajouté que l’Iran est engagé dans la mise en œuvre du mémorandum et ne ménagera aucun effort pour assurer son application, rappelant que l’accord a été conclu après plusieurs semaines de négociations intensives et d’efforts de médiation.

Dans le même temps, il a souligné que l’approche de Téhéran est fondée sur le principe de « l’engagement pour l’engagement ». « Si l’autre partie ne respecte pas ses obligations, la République islamique d’Iran prendra assurément les mesures nécessaires », a-t-il averti.

À noter que le ministère pakistanais des Affaires étrangères a annoncé ce samedi que des discussions techniques entre les États-Unis et l’Iran se tiendront dimanche à Bürgenstock, en Suisse.

Dans un communiqué publié sur X, l’appareil diplomatique du Pakistan a précisé que des représentants américains et iraniens participeront aux discussions, aux côtés de médiateurs pakistanais et qataris.

Mercredi, le président iranien Massoud Pezeshkian et le président américain Donald Trump ont officiellement signé le mémorandum d’entente d’Islamabad.

Le document, composé de 14 points, prévoit une cessation permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, des dérogations concernant les exportations de pétrole, la levée du blocus naval américain contre l’Iran dans un délai de 30 jours, ainsi que le rétablissement du trafic commercial dans le détroit d’Ormuz.

Cependant, des membres du cabinet israélien dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en particulier ceux issus des factions d’extrême droite, ont rejeté l’idée de lier l’accord avec l’Iran à l’arrêt des offensives militaires au Liban ou à l’octroi de concessions sécuritaires, insistant sur la poursuite de l’occupation israélienne dans le sud du Liban.

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