À Gaza, un génocide par les forces d’occupation de la palestine

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Nous sommes confrontés à l’empire le plus puissant, immoral, cynique et meurtrier de l’histoire. »

rapport secret américain pointant les crimes de l’armée israélienne à Gaza

C’est un document classifié, dont les informations qu’il contient pourraient se révéler explosives. Révélé par le Washington Post, un rapport secret établi par le Bureau de l’Inspecteur général du département d’État des États-Unis, au plus haut niveau donc de la diplomatie américaine, recense « plusieurs centaines » de violations des droits humains commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. C’est la première fois qu’un rapport émanant du gouvernement des États-Unis reconnaît les crimes commis par les actions de l’armée israélienne.

L’existence de ce rapport secret, dont le Washington Post a eu connaissance grâce à deux hauts fonctionnaires du département d’État qui ont requis l’anonymat – cela se comprend –, a été reconnue par le ministère. Il est même mentionné sur son site, avec pour toute précision : « Ce rapport contient des informations classifiées et n’est pas accessible au public

L’examen des violations prendrait des années

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Il a été finalisé quelques jours avant le cessez-le-feu conclu entre le Hamas et Israël sous l’égide de l’administration états-unienne et de plusieurs pays arabes. Selon les deux responsables cités par le journal, l’examen des centaines de violations prendrait « de nombreuses années » si le Département d’État venait à s’y pencher sérieusement.

Ce dont on peut douter : les procédures d’examen des violations commises par les armées étrangères, qui nécessitent la plupart du temps seulement quelques jours, sont beaucoup plus rudes quand cela concerne Israël. Les hauts fonctionnaires attribuent cette différence à un processus d’examen « principalement pro-israélien et pro-Tsahal ».

C’est ce qu’explique Josh Paul, un ancien directeur du Congrès et des affaires publiques pour le Bureau des affaires politiques et militaires du secrétariat d’État, qui avait démissionné en octobre 2023 pour protester contre la poursuite des livraisons d’armes à Israël. « Pour la plupart des pays, une simple objection de la part d’un responsable suffit généralement à suspendre l’aide à une unité militaire. Pour Israël, un groupe de travail américain doit parvenir à un consensus sur al question de savoir si une violation grave des droits de l’homme a eu lieu. »

C’est en vertu des lois Leahy que ces rapports sont effectués : celles-ci interdisent aux États-Unis de livrer des armes et fournir une assistance militaire aux pays mis en cause pour des violations des droits humains. Mais si le cas d’Israël fait donc exception, la révélation de ce rapport apporte une preuve éclatante que les États-Unis sont tout à fait conscients des crimes commis par l’armée israélienne.

Après vingt trois mois de bombardements, de destructions, d’une famine qui s’installe, la question de la qualification des actes commis par l’armée israélienne dans l’enclave palestinienne fait de moins en moins de place au doute. La nature de l’offensive contre la population civile et les déclarations du gouvernement qui l’accompagnent étayent l’accusation de génocide tel que défini par les Nations unies en 1948.

Depuis bientôt dix-huit ans, les Gazaouis meurent à petit feu. De guerres (2008, 2012, 2014, 2021, 2023) en blocus inhumain, ils risquent de n’être plus que des morts-vivants sur leur propre terre. Pour ceux qui auront survécu.

Selon l’Unicef, 52 928 personnes ont été tuées, 119 846 blessées depuis le déclenchement de la guerre à Gaza en octobre 2023. 15 613 enfants ont perdu la vie et 34 173 sont blessés. 11 200 Palestiniens seraient portés disparus, dont beaucoup probablement sous les décombres.

La bande de Gaza – l’une des zones les plus densément peuplées de la planète – ressemble à un champ de ruines. Au 1er décembre 2024, près de 69 % des bâtiments de ce territoire avaient été détruits ou endommagés, selon les images satellites analysées par le Centre satellitaire des Nations unies (Unosat). Au 31 décembre, seuls 18 des 36 hôpitaux de Gaza fonctionnaient partiellement, selon l’OMS, avec une capacité totale de 1 800 lits. L’Unicef affirme que 95 % des établissements scolaires de Gaza sont endommagés ou détruits. Depuis le 7 octobre 2023, des centaines d’écoles ont été directement frappées et 19 universités ont subi de graves dommages.

La CIJ rappelle les obligations des États

Après dix-neuf mois de bombardements israéliens constants qui se poursuivent aujourd’hui, un Gazaoui sur cinq pourrait se retrouver en situation de famine, avertissent les experts en insécurité alimentaire. Les prix des produits de première nécessité ont flambé. Selon les organisations humanitaires à Gaza dont les informations sont reprises par l’ONU, le nombre de repas chauds servis par les cuisines communautaires encore en activité a chuté de 70 % entre le 7 et le 12 mai.

Comment faut-il nommer ce qui se passe dans la bande de Gaza ? « Les actions d’Israël visent à infliger aux Palestiniens des conditions de vie de plus en plus incompatibles avec la poursuite de leur existence à Gaza en tant que groupe », a averti Volker Türk, à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Le mot « génocide » est de plus en plus prononcé. Notamment depuis que, le 29 décembre 2023, l’Afrique du Sud a porté plainte contre Israël pour « génocide » à Gaza auprès de la Cour internationale de justice (CIJ), le tribunal de l’ONU chargé de régler les différends entre États. Pretoria invoquait « ses droits et obligations » afin de prévenir le génocide.

La générale Yifat Tomer-Yeroushalmi reconnaît que ses services ont diffusé une vidéo sur des violences commises par des soldats israéliens. « Tsahal est une armée morale », affirme-t-elle.
La générale Yifat Tomer-Yeroushalmi reconnaît que ses services ont diffusé une vidéo sur des violences commises par des soldats israéliens. « Tsahal est une armée morale », affirme-t-elle.

« La procureure en chef de l’armée, la générale Yifat Tomer-Yeroushalmi, a présenté ce matin sa démission au chef d’état-major » Eyal Zamir, indique un communiqué de l’armée, sans préciser les raisons de sa démission.

Cette annonce survient après la fuite d’une vidéo montrant, dans une prison militaire israélienne, des soldats maltraitant des prisonniers palestiniens en 2024.

L’annonce de l’arrestation, puis l’inculpation en février, de cinq soldats avaient suscité une levée de boucliers au sein de l’armée et d’une partie de la classe politique israélienne, alors qu’Israël était en pleine guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza.L’armée israélienne a fait état vendredi de la démission de la procureure générale militaire dans le cadre d’une enquête concernant la fuite d’une vidéo sur des violences contre des détenus palestiniens.« La procureure en chef de l’armée, la générale Yifat Tomer-Yeroushalmi, a présenté ce matin sa démission au chef d’état-major » Eyal Zamir, indique un communiqué de l’armée, sans préciser les raisons de sa démission.

Cette annonce survient après la fuite d’une vidéo montrant, dans une prison militaire israélienne, des soldats maltraitant des prisonniers palestiniens en 2024.

L’annonce de l’arrestation, puis l’inculpation en février, de cinq soldats avaient suscité une levée de boucliers au sein de l’armée et d’une partie de la classe politique israélienne, alors qu’Israël était en pleine guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza.

« Tsahal doit enquêter sur des actes illégaux »

Selon une copie de la lettre de démission publiée par les médias vendredi, Yifat Tomer-Yeroushalmi reconnaît que ses services ont diffusé la vidéo aux médias.

« Tsahal (l’armée israélienne, ndlr) est une armée morale et respectueuse du droit et donc même durant une guerre douloureuse (…), elle doit enquêter sur des actes illégaux », dit la procureure dans cette lettre. Vendredi, l’armée a fait état de l’ouverture d’une enquête sur la fuite de la vidéo.

Katz : Qui calomnie Tsahal n’a pas sa place dans l’armée

Le ministre de la Défense Israël Katz s’est félicité de la démission de la procureure générale. « Celui qui calomnie les soldats de Tsahal n’a pas sa place dans l’armée », a-t-il dit selon un communiqué de son bureau.

« Il sera bientôt nécessaire de nommer un procureur militaire en chef, et j’ai l’intention d’entamer le processus de nomination d’un nouveau procureur militaire en chef dès que possible », a-t-il écrit vendredi sur le réseau social X.

Des mauvais traitements au centre de détention de Sdé Teiman

Les cinq soldats avaient été inculpés pour mauvais traitements d’un détenu palestinien en juillet 2024 dans le centre de détention de Sdé Teiman, dans le sud d’Israël.

Selon l’acte d’accusation, les soldats ont « agi contre le détenu avec une grande violence » et lui ont infligé « de graves blessures », parlant notamment de côtes fêlées et d’un poumon perforé, avait révélé en février l’armée.

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