Introduction aux frappes israéliennes
Qard al Hassan, en tant qu’institution financière coopérative, joue un rôle fondamental dans le système économique libanais en fournissant des services de microfinance aux populations vulnérables. Son importance s’étend bien au-delà de ses activités financières, car elle est perçue comme un acteur social et économique qui contribue à la stabilité dans un pays marqué par de nombreuses crises. La présence d’agences comme Qard al Hassan est souvent interprétée comme un soutien aux communautés marginalisées, ce qui soulève des questions sur les conséquences des frappes israéliennes sur la population civile.
Les frappes israéliennes, qui sont parfois justifiées par des raisons de sécurité nationale, soulèvent des préoccupations majeures en matière de droit international humanitaire. Alors que les conflits armés continuent d’évoluer, il est essentiel d’évaluer comment ces actions affectent non seulement la sécurité régionale, mais aussi les conditions de vie des civils libanais. Cela pose la question de l’équilibre entre la lutte contre les menaces perçues et la protection des droits fondamentaux des citoyens. À ce titre, le traitement des agences de Qard al Hassan pourrait bien avoir des répercussions durables sur la dynamique socio-économique du Liban et sur les relations israélo-libanaises dans son ensemble.
Présentation de Qard al Hassan
Qard al Hassan, souvent traduit comme “prêt sans intérêt”, se distingue par sa fonction de banque associative opérant au Liban. Elle a été fondée par le mouvement Hezbollah pour répondre aux besoins financiers des citoyens libanais, surtout ceux issus de milieux défavorisés. Loin d’être une simple institution financière, Qard al Hassan incarne une approche sociétale orientée vers le soutien économique des populations vulnérables. Sa mission première est d’accorder des prêts sans intérêt, permettant ainsi aux individus de surmonter des difficultés financières sans la pression des taux d’intérêt courants rencontrés dans des établissements bancaires traditionnels.
Le modèle économique proposé par Qard al Hassan joue un rôle essentiel dans le paysage financier libanais. En offrant un accès facilité au crédit, cette banque associative contribue significativement à l’amélioration de la qualité de vie de nombreux citoyens. Les prêts peuvent être utilisés pour diverses raisons, allant du financement d’un projet commercial à la couverture de dépenses imprévues. Ce soutien financier est particulièrement crucial dans un contexte économique difficile, où de nombreuses familles luttent pour joindre les deux bouts. Grâce à ses pratiques, Qard al Hassan se positionne comme un acteur de premier plan en matière de financement éthique, susceptible d’avoir un impact positif sur l’économie locale.
Il convient également de noter que, bien que Qard al Hassan soit associée à Hezbollah, son modèle inclusif de prêts sans intérêt a su attirer des clients au-delà des sphères strictement politiques. En proposant des solutions financières dans un pays où l’accès au crédit est souvent limité, la banque a assurément laissé une empreinte indélébile sur le tissu économique du Liban. Toutefois, elle continue d’être au centre de controverses et de discussions sur la légitimité et la conformité de ses opérations par rapport aux normes du droit international humanitaire. Cela soulève des questions cruciales sur l’interaction entre finance, politique et droits humains dans la région.
Chronologie des événements
La série d’événements entourant les frappes israéliennes contre les agences de Qard al Hassan a commencé par l’annonce officielle de l’opération par l’armée israélienne le 15 octobre 2023. Cette déclaration a suscité une onde de choc tant localement qu’internationalement, signalant une intensification du conflit dans la région. Des détails sur les motifs de cette attaque ont été fournis, mettant en avant des préoccupations de sécurité nationale et des accusations de complicité dans des activités terroristes. L’opération a été présentée comme une nécessité pour la protection des citoyens israéliens.
Le 18 octobre, les frappes ont finalement été exécutées, marquant un tournant crucial dans la situation. Des équipes militaires israéliennes ont mené des raids aériens ciblés sur plusieurs installations liées à Qard al Hassan, notamment dans les régions de Bédouins et de Béren. Les autorités israéliennes ont affirmé que ces frappes étaient des mesures préventives nécessaires en réponse à des menaces imminentes. Cependant, des témoins oculaires ont rapporté des pertes civiles significatives, avec plusieurs personnes blessées et des infrastructures essentielles endommagées, ce qui a exacerbé la crise humanitaire dans la région.
Le lendemain des frappes, le 19 octobre, diverses organisations de défense des droits humains ont commencé à condamner ces actions, en insistant sur le fait qu’elles pourraient constituer une violation du droit international humanitaire. Les conséquences immédiates sur la population locale se sont révélées alarmantes ; des milliers de personnes ont été déplacées, tandis que les infrastructures, déjà fragiles, ont subi plus de dommages, aggravant la situation humanitaire qui prévalait déjà. L’impact psychologique sur les civils, notamment les enfants, a également été un sujet de préoccupation soulevé par plusieurs ONG.
Analyse des violations du droit international humanitaire
Les frappes israéliennes contre Qard al Hassan soulèvent des préoccupations majeures en matière de respect du droit international humanitaire (DIH). Ce cadre juridique régit la conduite des hostilités et vise à protéger les personnes qui ne participent pas aux combats, ainsi que des infrastructures civiles. L’analyse de ces frappes met en lumière deux principes fondamentaux du DIH : la distinction et la proportionnalité.
Le principe de distinction exige que les parties au conflit fassent la différence entre les combattants et les civils. Les attaques doivent se concentrer uniquement sur les objectifs militaires. Or, les frappes ciblant Qard al Hassan ont soulevé des questions quant à la nature des installations visées et à l’impact sur les populations civiles environnantes. En l’absence de preuves incontestables que les cibles soient uniquement des infrastructures militaires, il devient difficile de justifier ces frappes comme conformes à ce principe essentiel. Le non-respect de ce principe pourrait en effet constituer une violation flagrante du DIH.
Le principe de proportionnalité stipule que les dommages causés aux civils et aux biens civils ne doivent pas être excessifs par rapport à l’avantage militaire anticipé. Les frappes, si elles entraînent des pertes civiles significatives, pourraient être qualifiées de disproportionnées, et ce, même si les objectifs militaires sont légitimes. Ce principe critique est souvent négligé dans les conflits armés, mais il demeure essentiel pour évaluer la légalité et la moralité des actions militaires.
Les répercussions sur les civils sont inévitables et soulèvent de sérieuses questions éthiques. Les atteintes à la vie, à la santé et à la dignité humaine, ainsi que les déplacements forcés de populations, mettent en lumière les conséquences catastrophiques d’un mépris des normes du DIH. Cette analyse des violations démontre l’importance de respecter ces principes pour garantir la protection des droits humains en temps de conflit.
Réactions internationales et critiques
Les frappes israéliennes contre les agences de Qard al Hassan ont suscité des réactions vives au sein de la communauté internationale, en particulier de la part des organisations non gouvernementales (ONG) telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch. Ces organisations ont exprimé des préoccupations majeures concernant la légalité des actions militaires israéliennes, mettant en cause le respect du droit international humanitaire. Selon ces ONG, les frappes pourraient constituer une violation des principes qui régissent les conflits armés, notamment ceux liés à la protection des civils et à la distinction entre combattants et non-combattants.
Amnesty International a souligné que des frappes ciblant des institutions humanitaires, telles que celles gérées par Qard al Hassan, compromettent non seulement l’assistance humanitaire essentielle, mais aussi la vie des civils qui dépendent de ces services. L’organisation appelle également à des enquêtes indépendantes pour déterminer si ces frappes ont été menées dans le respect du droit international et pour évaluer les conséquences sur les populations locales. Human Rights Watch a également partagé des préoccupations similaires, affirmant que l’évaluation des objectifs militaires doit être rigoureuse et que toute attaque doit respecter le principe de proportionnalité afin de minimiser les pertes civiles.
Les critiques de ces frappes ne se limitent pas seulement aux ONG. Plusieurs gouvernements et instances internationales ont également exprimé des réserves. Des représentants des Nations Unies ont appelé à un examen approfondi des actions menées par Israël et ont exhorté toutes les parties à respecter les normes internationales. Cette pression croissante souligne également les conséquences potentielles sur les relations diplomatiques d’Israël avec d’autres pays, en particulier avec ceux qui plaident en faveur des droits de l’homme et d’une conduite éthique dans les conflits armés.
Le rôle du Hezbollah et des institutions civiles
Le lien entre le Hezbollah et l’agence Qard al Hassan soulève des préoccupations sur l’interaction entre les groupes armés et les institutions civiles au Liban. Qard al Hassan, souvent identifié comme une institution de microfinance, se présente comme un acteur humanitaire, fournissant une assistance financière aux populations en difficulté. Toutefois, il a également été lié au Hezbollah, une organisation engagée dans des activités politiques et paramilitaires. Cette relation soulève des interrogations sur la légitimité des institutions civiles dans les conflits armés et la protection que le droit international humanitaire leur accorde.
Le droit international humanitaire stipule que les objets civils, tels que les institutions financières, doivent être protégés dans les conflits. Les attaques contre ces entités doivent être rigoureusement justifiées par la légitimité militaire. Ainsi, même lorsque Qard al Hassan agit en coordination avec le Hezbollah, il reste crucial de maintenir une distinction entre les cibles militaires légitimes et celles qui doivent être préservées en tant que civils. Le fait que Qard al Hassan puisse être utilisé pour soutenir les efforts du Hezbollah ne signifie pas que l’institution elle-même devient une cible valable, car cela violerait les normes établies par le droit international humanitaire.
Il est impératif de comprendre que toute action délibérée visant à frapper des entités civiles comme Qard al Hassan pourrait constituer une violation grave des lois humanitaires. L’impact de telles actions ne se limite pas uniquement aux pertes humaines, mais menace également l’intégrité des mécanismes d’aide et soutient les cycles de violence. Les institutions civiles, indépendamment de leurs affiliations politiques ou militaires, doivent être respectées et protégées, car elles jouent un rôle essentiel dans l’atténuation des souffrances humaines dans le cadre de conflits armés.
Conséquences pour la population civile libanaise
Les frappes israéliennes contre les agences de Qard al Hassan ont entraîné des conséquences catastrophiques pour la population civile libanaise. Dans un contexte déjà marqué par des tensions politiques et économiques, ces attaques exacerbaient les souffrances des habitants. Les bombardements ont causé des dégâts matériels considérables, perturbant le quotidien des citoyens et provoquant un état de terreur parmi la population. Cette crise de sécurité a conduit à un déplacement forcé de nombreux habitants, qui se voient contraints de fuir leurs foyers en quête de sécurité.
Le déplacement de la population entraîne des effets négatifs sur l’accès à des services financiers essentiels. Qard al Hassan, en tant qu’institution de microfinance, joue un rôle clé dans la stabilité économique de nombreux Libanais, en particulier ceux qui dépendent de petites entreprises pour leur survie. Avec la destruction de ces agences, les civils perdent un accès vital à des crédits qui leur permettraient de financer leurs activités économiques. La difficulté à obtenir un soutien financier aggrave encore plus la situation économique déjà précaire des familles touchées par les frappes.
De plus, ces conséquences ne se limitent pas uniquement à des pertes financières. Le climat d’insécurité engendré par les frappes contribue à un sentiment d’angoisse et de désespoir général au sein de la population. Les individus déplacés se retrouvent souvent dans des conditions de vie difficiles, sans accès adéquat à des logements sûrs, à des soins de santé ou à des ressources alimentaires. En fin de compte, les frappes israéliennes ne se contentent pas de détruire des infrastructures; elles sapent également l’essence même de la vie communautaire et économique des Libanais, laissant des cicatrices durables sur la société. Cela soulève des questions pressantes concernant le respect du droit international humanitaire et le traitement des populations civiles en temps de conflit.
Impacts économiques à long terme
Les frappes israéliennes contre les agences de Qard al Hassan ont des répercussions économiques profondes et durables sur le système bancaire libanais. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les petites entreprises qui jouent un rôle crucial dans la dynamisation de l’économie locale. Qard al Hassan, en tant qu’institution de microfinance, fournit des services de crédit essentiels à des communautés vulnérables, leur permettant d’accéder aux ressources nécessaires pour développer leurs activités. La destruction de ces agences peut entraîner une diminution significative des financements disponibles pour ces entreprises, aggravant ainsi leur situation économique.
En conséquence, l’accès réduit aux prêts augmente les difficultés rencontrées par les entrepreneurs, qui se retrouvent parfois dans l’impossibilité de maintenir leur activité ou d’en créer une nouvelle. Les petites entreprises constituent un pilier fondamental de l’économie libanaise, offrant des emplois et soutenant les familles locales. De ce fait, le manque de financement risque de provoquer des pertes d’emplois et une contraction du marché, nuisant à l’ensemble du tissu économique. Par ailleurs, l’incertitude liée à la sécurité économique et politique peut décourager les investisseurs étrangers, rendant l’environnement entrepreneurial encore plus précaire.
Parallèlement, l’instabilité provoquée par les frappes peut entraîner une fuite des cerveaux, les jeunes entrepreneurs talents cherchant des opportunités à l’étranger, ce qui appauvrit encore davantage le pays. En outre, la confiance dans les institutions financières peut être sérieusement compromise, nuisant à la stabilité générale du système bancaire. Cette situation engendre un cercle vicieux, où l’absence de capitaux engendre des difficultés économiques, renforçant ainsi les inégalités entre les différentes communautés.
Ainsi, les impacts économiques à long terme des frappes israéliennes sur les agences de Qard al Hassan se font sentir non seulement au niveau microéconomique, mais aussi dans l’architecture économique et sociale du Liban dans son ensemble.
Appels à l’action et recommandations
Dans le contexte des frappes israéliennes contre des agences de Qard al Hassan, il est impératif de lancer des appels à l’action qui visent à garantir le respect du droit international humanitaire. Premièrement, une enquête internationale indépendante doit être instaurée pour analyser les circonstances entourant ces frappes. L’objectif est de faire la lumière sur les évolutions des événements et d’évaluer la conformité des actions menées avec les lois qui régissent les conflits armés. La création de telles commissions d’enquête pourrait contribuer à renforcer la responsabilité des parties impliquées et à prévenir de futures violations.
Ensuite, il est essentiel de renforcer les exigences de protection des civils par les forces israéliennes. La protection des populations civiles est un principe fondamental du droit international et doit être rigoureusement appliquée dans toutes les opérations militaires. Les forces opérant dans des zones à forte densité de population doivent s’engager à prendre toutes les précautions possibles pour éviter les atteintes aux droits des civils et à assurer leur sécurité. Cela implique une évaluation minutieuse des cibles avant toute action afin de minimiser les victimes civiles et la destruction des infrastructures essentielles au bien-être des habitants.
Enfin, une réflexion approfondie sur le cadre juridique international s’impose. Les acteurs internationaux, y compris les États et les organisations non gouvernementales, doivent travailler ensemble pour renforcer les mécanismes de protection des droits de l’homme en temps de conflit. Cela pourrait inclure la révision et l’adaptation des lois existantes pour mieux répondre aux défis contemporains du terrain militaire. En consolidant les instruments juridiques internationaux, il serait possible d’accroître la pression sur les États afin qu’ils adhèrent à leurs obligations en matière de droits de l’homme et de droit humanitaire, évitant ainsi des souffrances inutiles aux populations affectées. En promouvant un cadre de coopération entre les nations, la communauté internationale peut œuvrer pour un avenir où le respect des droits des civils est une priorité partagée.
Les frappes menées par l’armée israélienne contre des agences de Qard al Hassan, une banque associative affiliée au Hezbollah disposant de plus de 30 succursales au Liban, violent probablement le droit international humanitaire et doivent faire l’objet d’une enquête en tant que crimes de guerre présumés, a déclaré Amnesty International le 22 octobre.
Selon les lois de la guerre, les succursales des institutions financières sont des biens de caractère civil, à moins qu’elles ne soient utilisées à des fins militaires. En conséquence, ces attaques constituent apparemment des attaques directes contre des biens de caractère civil.
À 20 h 55 le 20 octobre 2024, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a annoncé sur X (anciennement Twitter) que les forces de cette dernière allaient commencer à « attaquer des infrastructures appartenant à Qard al Hassan qui appartient au Hezbollah », et conseillé à la population d’évacuer immédiatement ces agences. La première frappe a été signalée 35 minutes plus tard, vers 21 h 30. Un média public libanais a fait état d’un total de 11 frappes sur des bâtiments de Qard al Hassan dans la banlieue sud de Beyrouth, et sur plusieurs autres succursales situées dans d’autres régions, notamment dans le sud du pays et dans la plaine de la Bekaa.
Qard al Hassan, qui dispose d’un agrément du gouvernement libanais pour mener ses activités, est actuellement la plus importante organisation spécialisée dans l’octroi de microcrédits au Liban. De nombreux civil·e·s libanais, principalement chiites, utilisent ses services pour emprunter sans intérêt de petites sommes. Un grand nombre de personnes de diverses confessions ont de plus en plus recours à Qard al Hassan afin d’emprunter de l’argent pour payer des frais éducatifs ou médicaux ou encore pour des petits commerces, en particulier depuis l’effondrement du secteur bancaire au Liban en 2019. Le Liban est sous sanctions des États-Unis depuis 2007.
« Les forces israéliennes ont visé une institution qui représente pour d’innombrables civil·e·s libanais une bouée de sauvetage économique. À cela s’ajoute le signal d’évacuation donné moins de 40 minutes avant le début des frappes. Ces deux faits témoignent du mépris dans lequel Israël tient le droit international humanitaire. Même si, comme l’affirme l’armée israélienne, cette institution contribue au financement du Hezbollah, elle ne correspond apparemment pas à la définition d’un objectif militaire, en particulier en ce qui concerne ses agences qui offrent leurs services à une clientèle civile », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, de la politique et des campagnes à d’Amnesty International.
« Le droit international humanitaire interdit de mener des attaques contre des civil·e·s et des biens de caractère civil. Une enquête internationale doit être menée d’urgence sur les attaques menées contre Qard al Hassan. Dans l’intervalle, l’armée israélienne doit prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la vie des civil·e·s, et elle doit respecter strictement le droit international humanitaire. Les forces israéliennes doivent bien faire la différence en toutes circonstances entre les objectifs militaires et les biens de caractère civil. Israël doit abandonner la définition des objectifs militaires qui est tellement large qu’elle comprend les agences d’une institution financière. »
Selon le droit international humanitaire coutumier, un bien doit remplir deux conditions pour être considéré comme un objectif militaire. D’une part, il doit apporter une contribution effective à l’action militaire par sa nature, son emplacement, sa destination ou son utilisation. D’autre part, sa destruction doit offrir un avantage militaire précis dans les circonstances qui règnent à ce moment-là.
Le droit international humanitaire interdit les attaques directes contre des « biens de caractère civil » tels que des maisons, des appartements, des commerces et des boutiques, à moins que ces bâtiments ne soient utilisés à des fins militaires. Les liens qui les rattachent au Hezbollah ne sont pas suffisants pour considérer comme des objectifs militaires un bâtiment civil ou les civil·e·s qui se trouvent dans ce bâtiment.
De nombreuses agences de Qard al Hassan sont situées dans des immeubles d’habitation et au milieu de zones résidentielles densément peuplées. Des centaines d’habitant·e·s ont dû s’enfuir de chez eux à la suite des avis d’évacuation diffusés par l’armée israélienne.
Un haut responsable des services du renseignement israélien a déclaré à la presse qu’en plus d’entraver la capacité du Hezbollah à fonctionner et à reconstruire après la guerre, « le principal objectif est d’affaiblir la confiance entre le Hezbollah et une grande partie de la communauté chiite qui utilise cette association en tant que banque ».
L’affaiblissement de la confiance entre le Hezbollah et la communauté chiite ne constitue pas une justification licite pour le ciblage militaire de cette institution financière.
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Liban : Les frappes israéliennes contre un groupe financier sont des crimes de guerre
Les institutions civiles affiliées au Hezbollah ne constituent pas des cibles militaires légitimes
Par Human Rights Watch, le 23 octobre 2024
Beyrouth, le 23 octobre 2024) – Les frappes répétées de l’armée israélienne contre l’association financière Al-Qard al-Hassan, affilié au Hezbollah au Liban, témoignent d’attaques délibérées contre des structures civiles qui constituent des crimes de guerre, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Les attaques israéliennes menées dans la nuit du 20 octobre ont touché près de 30 immeubles abritant des bureaux appartenant à Al-Qard al-Hassan (AQAH) dans le sud du Liban, dans la banlieue sud de Beyrouth et dans la vallée de la Bekaa, selon les médias. Les responsables israéliens ont affirmé qu’Al-Qard al-Hassan fournit des fonds au Hezbollah, lequel est engagé dans un conflit armé avec Israël, sans toutefois maintenir que le groupe financier est lui-même directement impliqué dans les hostilités. L’utilisation par un groupe armé d’une institution financière, d’une association ou d’une banque ne constitue pas une contribution effective à une action militaire ; une telle structure ne constitue donc pas une cible militaire légale, en vertu des lois de la guerre.
« Les frappes répétées de l’armée israélienne contre des institutions financières libanaises constituent une attaque délibérée et illégale contre la branche civile du Hezbollah », a déclaré Ramzi Kaiss, chercheur sur le Liban à Human Rights Watch. « Désigner une institution civile comme cible militaire en raison de son affiliation, plutôt que de sa contribution effective à une action militaire, met en danger toutes les opérations commerciales en temps de guerre. »
Les médias libanais ont signalé au moins trois frappes contre des bureaux d’Al-Qard al-Hassan dans la banlieue sud de Beyrouth, l’une d’entre elles ayant entraîné l’effondrement d’un immeuble de grande hauteur. D’autres bâtiments abritant des bureaux d’Al-Qard al-Hassan ont été frappés dans le sud du Liban, dans la vallée de la Bekaa, à Baalbek dans l’est du Liban, ainsi qu’à Hermel dans le nord du pays.
Un haut responsable des services de renseignement israéliens a déclaré aux médias que « le but de ces frappes [contre Al-Qard al-Hassan] est de cibler la capacité du Hezbollah à fonctionner pendant la guerre et [par la suite] … ainsi que l’emprise du Hezbollah sur de larges pans de la société libanaise ». Le 22 octobre, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a affirmé ceci sur X : « La dégradation des capacités du Hezbollah nécessite une campagne à la fois militaire et économique ».
Dans une vidéo publiée sur son compte X le 20 octobre, Avichay Adraee, le porte-parole de l’armée israélienne en langue arabe, a déclaré que « la plupart des sources de financement iraniennes et des revenus indépendants du Hezbollah sont déposées et gérées au sein des branches de l’association Al-Qard al-Hassan ». Adraee a déclaré que cette institution participe au financement des activités du Hezbollah contre Israël, et qu’elle est donc considérée comme une cible militaire. Tout au long de la soirée du 20 octobre, l’armée israélienne a émis au moins 24 avertissements visant l’évacuation de divers bâtiments dans le sud du Liban, la banlieue sud de Beyrouth, la vallée de la Bekaa et Baalbek.
Deux vidéos, géolocalisées par le collectif open source GeoConfirmed et vérifiées par Human Rights Watch, montrent le moment où une frappe aérienne a conduit à l’effondrement d’un immeuble qui abritait un bureau d’Al-Qard al-Hassan à Chiyah, dans la banlieue sud de Beyrouth. Une troisième vidéo vérifiée, tournée le lendemain, montre les décombres du bâtiment. Human Rights Watch a aussi examiné des photographies publiées par le site al-Nahar, qui montrent les dégâts causés aux alentours, et des documents avec le logo d’Al-Qard al-Hassan éparpillés sur le sol.
Deux autres vidéos, également géolocalisées par GeoConfirmed et vérifiées par Human Rights Watch, montrent d’autres immeubles liés à Al-Qard al-Hassan en proie aux flammes au sud de Beyrouth, à Bourj al-Barajneh et à Laylaki.
L’entité Al-Qard al-Hassan, affiliée au Hezbollah, est enregistrée en tant qu’association auprès du ministère de l’Intérieur libanais depuis les années 1980. Elle compterait des centaines de milliers de clients qui reçoivent des prêts garantis à taux zéro, d’un montant allant généralement jusqu’à 5 000 dollars. Al-Qard al-Hassan ne dispose pas de licence de la Banque centrale du Liban pour opérer en tant qu’institution financière, comme l’exigerait la loi libanaise sur la monnaie et le crédit ; l’association détient au moins 30 succursales, la plupart dans des zones à majorité chiite de la banlieue sud de Beyrouth, du sud du Liban et de la vallée de la Bekaa.
En 2007, le Département d’État américain a sanctionné Al-Qard al-Hassan en raison de son utilisation par le Hezbollah pour gérer ses « activités financières et accéder au système financier international ». Selon le Département d’État, le Hezbollah utilise Al-Qard al-Hassan pour transférer des fonds « via des comptes fictifs et des facilitateurs » et fournit « des services caractéristiques d’une banque pour soutenir le Hezbollah, tout en échappant à l’obtention de licences et à la supervision réglementaire appropriées ».
Depuis la crise économique de 2019 au Liban, un nombre croissant de Libanais, dont de nombreux musulmans chiites et partisans du Hezbollah, sont devenus clients d’Al-Qard al-Hassan, qui est considérée comme la « plus grande institution financière non bancaire accordant des microcrédits » dans le pays, selon l’Associated Press. En 2021, l’ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé qu’Al-Qard al-Hassan avait accordé 3,7 milliards de dollars de prêts à 1,8 million de personnes depuis sa fondation dans les années 1980.
En 2023, trois députés libanais ont déposé une plainte auprès du procureur général du pays, alléguant qu’Al-Qard al-Hassan se livrait au blanchiment d’argent et à des malversations financières.
Le droit international humanitaire exige que toutes les parties au conflit fassent la distinction entre les objectifs militaires et les civils ou biens civils, et ne visent que les objectifs militaires. Ceux-ci sont définis ainsi : « En ce qui concerne les biens, les objectifs militaires sont limités aux biens qui, par leur nature, leur emplacement, leur destination ou leur utilisation apportent une contribution effective à l’action militaire et dont la destruction totale ou partielle, la capture ou la neutralisation offre en l’occurrence un avantage militaire précis ».
Bien que les déclarations de l’armée israélienne, du Département d’État américain et de Hassan Nasrallah démontrent qu’Al-Qard al-Hassan a des liens avec le Hezbollah et ses partisans, elle reste un objet civil. La « contribution effective » d’Al-Qard al-Hassan aux actions militaires du Hezbollah est trop atténuée pour fournir un « avantage militaire précis » et constituer une cible légitime. Autoriser de telles attaques signifierait de fait que toutes les institutions financières utilisées par toutes les parties au conflit pourraient devenir des objectifs militaires susceptibles d’être attaquées à tout moment, a déclaré Human Rights Watch.
Les individus qui commettent de graves violations des lois de la guerre avec une intention criminelle – c’est-à-dire délibérément ou par imprudence – peuvent être poursuivis pour crimes de guerre. Les individus peuvent également être tenus pénalement responsables d’avoir aidé, facilité, aidé ou encouragé un crime de guerre. Tous les gouvernements qui sont parties à un conflit armé sont tenus d’enquêter sur les crimes de guerre présumés commis par des membres de leurs forces armées ou sur leur territoire.
En avril, le Conseil des ministres du Liban a demandé au ministère libanais des Affaires étrangères de déposer une déclaration auprès du greffier de la Cour pénale internationale (CPI) acceptant la compétence de la Cour sur les crimes graves commis sur le territoire libanais depuis le 7 octobre 2023. Cependant, le ministère n’a jamais donné suite à cette demande et fin mai, le gouvernement a annulé sa décision initiale. Le Liban devrait d’urgence reconnaître la compétence de la CPI, afin de conférer au Procureur de la Cour un mandat pour enquêter sur les crimes internationaux graves commis au Liban.
Les alliés d’Israël devraient suspendre leur assistance militaire et leurs ventes d’armes à Israël, étant donné qu’ils ont été utilisés à plusieurs reprises pour commettre de graves violations des lois de la guerre, a déclaré Human Rights Watch.
« Le ciblage par l’armée israélienne d’associations et de groupes en raison de leur affiliation au Hezbollah viole les lois de la guerre ; en outre, étant donné que ces entités fournissent des services à des centaines de milliers de personnes au Liban, ces attaques risquent aussi de punir des personnes qui dépendent de ces services pour leur vie quotidienne », a conclu Ramzi Kaiss.




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