La France est-elle colonisée par Israël ?

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Les années ont passé, le sang du peuple palestinien a continué de couler, mais cela n’a pas modifié le soutien constant de l’ex-président François Hollande à Netanyahou et à ses complices français.

L’homme est aujourd’hui député de la Corrèze. Il fait partie, avec trois autres député(e)s du groupe « socialiste » (Jérôme Guedj, Marie Récalde et Valérie Rossi), des sponsors de la proposition de loi Yadan, qui vise à criminaliser toute critique du régime israélien.

La France est-elle colonisée par Israël ?

En 1958, alors que le général de Gaulle revenait au pouvoir, son ministre des Armées (et ancien président du Conseil sous la IVe République), Maurice Bourgès-Maunoury, a continué de collaborer en secret avec Shimon Pérès pour faire avancer le programme nucléaire israélien. Voici les points clés de cette collaboration historique :

Le cadre secret : Shimon Pérès, alors directeur général du ministère israélien de la Défense, a mené des négociations discrètes avec les autorités françaises dès le milieu des années 1950.

  • L’accord atomique : Cette coopération a abouti à un accord secret pour la construction du réacteur de Dimona en Israël et la fourniture d’uranium, jetant les bases de la capacité nucléaire israélienne.
  • La transition vers la Ve République : Bien que de Gaulle ait instauré une politique plus distante vis-à-vis d’Israël par la suite, les relations établies par des figures comme Bourgès-Maunoury (qui fut ministre de la Défense en 1958) ont permis de finaliser ces projets stratégiques cruciaux avant le changement de ligne diplomatique de la France. 

Cette période est souvent décrite comme “l’âge d’or” ou “l’idylle” des relations franco-israéliennes, marquée par une coopération militaire et technologique sans précédent.

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En 1958, alors que le général de Gaulle revenait au pouvoir, son ministre des Armées (et ancien président du Conseil sous la IVe République), Maurice Bourgès-Maunoury, a continué de collaborer en secret avec Shimon Pérès pour faire avancer le programme nucléaire israélien. Voici les points clés de cette collaboration historique :

Le cadre secret : Shimon Pérès, alors directeur général du ministère israélien de la Défense, a mené des négociations discrètes avec les autorités françaises dès le milieu des années 1950.

  • L’accord atomique : Cette coopération a abouti à un accord secret pour la construction du réacteur de Dimona en Israël et la fourniture d’uranium, jetant les bases de la capacité nucléaire israélienne.
  • La transition vers la Ve République : Bien que de Gaulle ait instauré une politique plus distante vis-à-vis d’Israël par la suite, les relations établies par des figures comme Bourgès-Maunoury (qui fut ministre de la Défense en 1958) ont permis de finaliser ces projets stratégiques cruciaux avant le changement de ligne diplomatique de la France. 

Cette période est souvent décrite comme “l’âge d’or” ou “l’idylle” des relations franco-israéliennes, marquée par une coopération militaire et technologique sans précédent.

Introduction à la collaboration franco-israélienne

La fin des années 1950 fut marquée par des transformations géopolitiques significatives, en particulier dans le contexte du Proche-Orient. La relation entre la France et Israël, à cette époque, revêt une importance stratégique, servant d’arrière-plan pour la coopération militaire et politique entre les deux nations. Sous la présidence de Charles de Gaulle, qui a pris les rênes du pays en 1959, la France s’efforçait de maintenir son influence post-coloniale tout en naviguant dans un monde contemporain en pleine mutation.

Cette période coïncide avec le mandat de Maurice Bourgès-Maunoury en tant que ministre des armées, un rôle qui allait catalyser des initiatives secrètes visant à renforcer les capacités militaires d’Israël. La collaboration franco-israélienne durant cette ère était motivée par un besoin mutuel de sécurité, particulièrement face à l’ascension de mouvements nationalistes arabes dans la région. Pour la France, soutenir Israël représentait une opportunité de préserver ses intérêts stratégiques et de s’opposer à l’influence croissante de l’Union soviétique dans le Moyen-Orient.

Les enjeux politiques étaient exacerbés par des événements tels que la crise de Suez en 1956, qui avait illustré les tensions internationales et souligné la nécessité pour la France et ses partenaires de réévaluer leurs alliances. Cela incita alors Paris à renforcer ses liens à la fois militaires et diplomatiques avec Tel-Aviv, une dynamique qui aurait des répercussions durables pour les deux pays. Dans ce contexte, la collaboration secrète qui émergeait fut marquée par des transactions d’armements et des échanges de renseignements, façonnant ainsi un partenariat qui transcende les frontières traditionnelles.

Le cadre secret de la coopération

Dans le contexte de l’époque, la coopération entre Israël et la France sous l’impulsion de Shimon Pérès, qui occupait alors le poste de directeur général du ministère israélien de la Défense, revêt un caractère stratégique et bilatéral. En effet, il a orchestré des négociations discrètes qui se déroulaient dans un climat de tension géopolitique où chaque pays cherchait à renforcer sa position sur la scène internationale. Les discussions portaient principalement sur la vente d’équipements militaires et le partage de technologies, avec un accent particulier sur les réacteurs nucléaires.

Les acteurs clés de ces négociations comprennent non seulement Pérès, mais aussi des hautes personnalités militaires et gouvernementales de chaque pays. Celles-ci ont agi dans l’ombre pour comprendre et exploiter les intérêts stratégiques que partageaient à l’époque les deux États. Du côté israélien, l’enjeu était de sécuriser une assistance militaire cruciale en raison de la menace pesant sur sa souveraineté, tandis que la France, pour sa part, cherchait à établir des partenariats potentiellement profitables en réponse aux changements de la dynamique post-coloniale.

Les motivations sous-jacentes qui ont alimenté cette coopération complexe sont multiples. Pour la France, il y avait une volonté de conserver une influence au Moyen-Orient, face à un paysage politique en rapide évolution. Du côté israélien, la nécessité d’un soutien militaire et technologique se justifiait par les conflits récurrents dans la région. Ainsi, cette collaboration secrète illustre un moment clé de l’histoire où la géopolitique et les intérêts nationaux ont convergé, créant une alliance inattendue œuvre de diplomatie discrète. La discrétion entourant ces négociations a permis de construire des liens forts tout en préservant l’image publique de chaque gouvernement, essentielle à cette époque tumultueuse.

L’accord atomique entre la France et Israël

L’accord secret qui a été établi entre la France et Israël concernant la construction du réacteur nucléaire de Dimona en Israël est un chapitre clé de l’histoire nucléaire moderne. Cet accord, formé à la fin des années 1950, a permis à Israël de développer ses capacités nucléaires, ce qui aurait un impact durable sur la géopolitique de la région.

En 1957, la France, alors sous le gouvernement de la Quatrième République et face à des tensions croissantes dans le Moyen-Orient, a décidé de soutenir Israël dans son ambitions nucléaires. Ce soutien était motivé par une série d’intérêts stratégiques, notamment un désir de contrebalancer l’influence soviétique dans la région. Les termes de l’accord impliquaient la fourniture par la France de matériel et d’expertise nécessaire à la construction du réacteur nucléaire, qui sera principalement destiné à des études et des applications pacifiques.

Ce partenariat a également eu pour effet de renforcer les relations diplomatiques et militaires entre les deux nations. En effet, la France a fourni non seulement des équipements mais aussi un soutien technique, permettant à Israël de franchir des étapes cruciales dans le développement de son programme nucléaire. Au fur et à mesure que la construction de Dimona avançait, les préoccupations internationales ont commencé à croître concernant le véritable objectif du réacteur. Bien que le gouvernement israélien ait affirmé que le site était destiné à des fins pacifiques, l’hypothèse d’une ambition militaire ne pouvait être ignorée.

À mesure que le projet avançait, l’impact de cet accord sur la capacité nucléaire israélienne est devenu de plus en plus clair. Ce développement a non seulement consolidé la position d’Israël dans le paysage géopolitique du Moyen-Orient, mais a également engendré des préoccupations parmi ses voisins, déclenchant un cycle de tensions qui perdure encore aujourd’hui. Ainsi, cet accord entre la France et Israël ne doit pas seulement être vu dans le cadre bilatéral, mais également dans le contexte des implications régionales et mondiales qu’il a engendrées.

Fourniture d’uranium et son impact

Dans le cadre de la collaboration secrète entre la France et Israël dans les années 1950, l’approvisionnement en uranium a constitué un enjeu stratégique majeur. La France, souhaitant affirmer son influence au Moyen-Orient et soutenir un allié en pleine croissance sur la scène internationale, a réalisé plusieurs tentatives pour fournir du matériel nucléaire à Israël. Cette initiative a été motivée par des considérations géopolitiques et le désir de contrer les influences soviétiques dans la région.

Le développement du programme nucléaire israélien a été en partie facilité par ces approvisionnements en uranium, essentiels pour la conception et la mise en œuvre de réacteurs nucléaires. L’uranium, en tant que composant fondamental pour les capacités d’enrichissement et de fabrication d’armements nucléaires, a permis à Israël d’accélérer ses ambitions nucléaires, garantissant ainsi une position stratégique sur la scène mondiale. Les implications de cette coopération sont vastes, engendrant des débats sur les dimensions éthiques et politiques de telles actions.

Cette fourniture d’uranium a également contribué à renforcer l’idée de la France en tant qu’alternative occidentale dans le conflit franco-arabe. Toutefois, les conséquences de ces transferts ont été ressenties non seulement en Israël mais aussi dans l’ensemble de la région, exacerbatant les tensions déjà existantes et soulevant des préoccupations parmi d’autres pays. L’engagement de la France envers Israël a donc mis en lumière une dynamique complexe, où le soutien stratégique s’entrelace avec des implications géopolitiques, qui continuent de façonner le paysage politique actuel.

Transition vers la Ve République et changements politiques

La transition vers la Ve République, amorcée à la fin des années 1950, a marqué un tournant décisif dans la politique française. Cette période est associée au retour au pouvoir de Charles de Gaulle, qui a pris des mesures significatives pour réformer la gouvernance et réaffirmer l’autorité de l’État. Le contexte international de l’époque, en particulier les défis liés à la décolonisation et à la guerre d’Algérie, a également eu un impact notable sur la politique étrangère de la France.

La relation entre la France et Israël a été particulièrement influencée par ces changements politiques. Sous la présidence de De Gaulle, la France a cherché à développer une approche plus indépendante vis-à-vis des États-Unis et des autres puissances mondiales. Dans ce cadre, le soutien militaire et économique apporté à Israël a été réévalué. Alors que la France était un allié clé d’Israël dans les années 1950, sa politique étrangère a commencé à s’orienter vers une vision plus équilibrée du conflit israélo-arabe.

Ce changement a été exacerbé par la guerre des Six Jours en 1967, lorsque De Gaulle a critiqué les actions d’Israël, soulignant une volonté de ne pas apparaître trop aligné sur les intérêts israéliens. Cela a eu pour effet de gêner les précédents accords militaires et économiques établis entre les deux nations. Les relations sont devenues plus complexes, avec une France qui cherchait à unifier ses objectifs diplomatiques tout en maintenant une position de soutien pour le peuple palestinien.

Ainsi, sous De Gaulle, la France a opéré un tournant majeur dans sa politique étrangère au Moyen-Orient, illustrant une volonté d’affirmer son indépendance et de naviguer entre des partenariats stratégiques tout en s’engageant dans un dialogue plus nuancé sur la paix et la justice dans la région.

L’adieu à la coopération militaire

La décision de Charles de Gaulle d’éloigner la France d’Israël a marqué un tournant significatif dans les relations bilatérales entre les deux nations, particulièrement dans le domaine de la coopération militaire. Initialement, la France et Israël avaient développé des liens étroits, renforcés par des échanges technologiques et des ventes d’armements dans les années 1950. Cependant, la stratégie politique de De Gaulle, qui prônait une approche plus indépendante pour la France dans le contexte de la guerre froide, a conduit à une réévaluation de cette collaboration.

Après 1967, la guerre des Six Jours a constitué un moment décisif, où l’élan initial de coopération militaire s’est progressivement érodé. De Gaulle a commencé à percevoir Israël non seulement comme un allié, mais aussi comme un acteur dont les intérêts géopolitiques pouvaient diverger de ceux de la France. Cette perception a été renforcée par des préoccupations liées aux droits humains et aux tensions croissantes au Moyen-Orient. En conséquence, la France a commencé à réduire ses exportations militaires vers Israël, questionnant les fondements de leur ancienne alliance.

Les relations stratégiques se sont également détériorées en raison de l’évolution de la politique arabe. De Gaulle, soucieux de maintenir de bonnes relations avec le monde arabe, a encouragé un rapprochement entre la France et les pays arabes, rendant ainsi la coopération militaire avec Israël particulièrement délicate. Les décisions politiques de cette époque ont donc été influencées par des considérations à la fois internes et externes, signalant un retrait net des engagements militaires envers Israël, qui a eu des répercussions sur l’équilibre des forces dans la région.

Ces changements ont marqué la fin d’une période d’intense collaboration militaire, redéfinissant non seulement le paysage politique au Moyen-Orient, mais aussi les rôles respectifs de la France et d’Israël sur la scène internationale. L’adieu à cette coopération a non seulement illustré la complexité des interactions internationales, mais a également ouvert la voie à de nouvelles dynamiques géopolitiques.

La période dorée des relations franco-israéliennes

La période entre la fin des années 1950 et le début des années 1960 est souvent décrite comme l’âge d’or des relations franco-israéliennes. Cette époque a été marquée par des échanges diplomatiques enrichissants ainsi que des partenariats militaires et technologiques étroits. Au cours de cette période, la France a été un partenaire essentiel pour Israël, soutenant ses ambitions de développement militaire et technologique.

Sur le plan militaire, le soutien français a joué un rôle crucial dans la formation de l’armée israélienne. La France a fourni à Israël des équipements militaires avancés, y compris des avions de chasse, des tanks et d’autres matériels. Ce soutien n’était pas seulement matériel; il s’étendait également à la formation des forces armées israéliennes par des experts français. Ce transfert de technologie et de savoir-faire a contribué à renforcer les capacités de défense d’Israël dans une région géopolitique complexe et souvent hostile.

Du point de vue technologique, les deux nations ont collaboré dans le domaine de l’armement et de la science. L’accord sur la construction de la centrale nucléaire de Dimona en est un exemple emblématique, marquant un pas important vers le développement de la capacité nucléaire d’Israël. Ce partenariat a non seulement accru la sécurité d’Israël, mais a également solidifié le rôle de la France comme un acteur influent au Moyen-Orient. Au-delà des intérêts militaires, les liens économiques se sont également renforcés durant cette période, favorisant des investissements et des échanges commerciaux d’une ampleur significative.

Dans le domaine diplomatique, la France a souvent agi comme un médiateur entre Israël et les nations arabes, tentant d’équilibrer les intérêts de toutes les parties. Cette approche a permis à la France de se positionner comme un acteur respecté et influent sur la scène internationale. Les relations franco-israéliennes de cette époque ont laissé une empreinte durable, façonnant l’orientation des politiques étrangères des deux pays pour les décennies suivantes. La richesse et la profondeur de cette collaboration en font un sujet d’étude essentiel pour comprendre l’évolution des relations internationales dans cette région du monde.

Répercussions sur la politique internationale actuelle

La collaboration secrète entre la France et Israël dans les années 1950 a eu des répercussions durables sur la politique internationale contemporaine. Cette alliance stratégique, qui se manifestait principalement dans des domaines militaires et technologiques, a favorisé un lien professionnel qui a façonné les interactions futures entre les deux pays. Les décisions prises à cette époque continuent de résonner dans les relations diplomatiques d’aujourd’hui, notamment en ce qui concerne les enjeux au Moyen-Orient.

En effet, la France, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur dans le conflit israélo-palestinien, doit naviguer des tensions historiques exacerbées par ses relations passées avec Israël. Ce passé commun influence considérablement les choix politiques du pays, établissant des liens parfois tendus avec les nations arabes qui perçoivent cette coopération comme une intervation directe dans leurs affaires régionales. Aujourd’hui, la France se trouve à la croisée des chemins, cherchant à équilibrer ses engagements envers Israël et son souhait d’établir des relations constructives avec les pays arabes.

De plus, l’impact de cette collaboration historique est également visible à travers le prisme des organisations internationales, telles que l’Union européenne. La manière dont la France aborde les résolutions liées au conflit israélo-palestinien peut être influencée par son histoire avec Israël. Les répercussions de ces politiques se manifestent sur des questions comme la sécurité, les droits de l’homme et le développement économique dans les territoires occupés, rendant complexe la dynamique des alliances dans le contexte international. Ainsi, la France continue de jongler entre son héritage de collaboration avec Israël et les exigences politiques contemporaines, soulignant l’importance de ces relations passées dans la configuration de la diplomatie actuelle.

Conclusion : La France colonisée ou complice ?

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Au terme de notre analyse, il devient évident que les relations entre la France et Israël sont complexes et chargées d’histoire. La question de savoir si la France a été colonisée par Israël ou simplement complice d’un projet plus vaste mérite d’être examinée avec soin. Les éléments de cette coopération secrète de 1958 soulignent un lien qui va bien au-delà du simple partenariat.

Il est essentiel de considérer que cette relation ne se limite pas à une dynamique de domination ou de colonisation. Plutôt, il semble y avoir une interaction volontaire où les deux pays ont tiré profit l’un de l’autre dans des contextes géopolitiques spécifiques. D’un côté, la France a souvent été perçue comme un allié stratégique pour Israël, particulièrement dans un climat international incertain. De l’autre, cette dynamique a permis à la France de maintenir une influence significative au Moyen-Orient.

De surcroît, le cadre historique dans lequel ce partenariat s’est développé fait ressortir des intérêts mutuels, où la France était motivée par des raisons tant politiques qu’économiques face aux enjeux de la Guerre froide. Toutefois, la perception de cette complicité a été largement influencée par les événements contemporains, en particulier à la lumière des tensions persistantes au Moyen-Orient et des débats sur la politique étrangère française.

En somme, le débat sur la nature de cette relation est révélateur des perceptions changeantes des liens franco-israéliens. À la lumière des événements historiques et des réalités contemporaines, il devient crucial de reconnaître les nuances pour comprendre si la France a été véritablement colonisée ou si elle a plutôt joué un rôle actif en tant que complice dans une dynamique complexe.

Les années ont passé, le sang du peuple palestinien a continué de couler, mais cela n’a pas modifié le soutien constant de l’ex-président François Hollande à Netanyahou et à ses complices français.

L’homme est aujourd’hui député de la Corrèze. Il fait partie, avec trois autres député(e)s du groupe « socialiste » (Jérôme Guedj, Marie Récalde et Valérie Rossi), des sponsors de la proposition de loi Yadan, qui vise à criminaliser toute critique du régime israélien.

Depuis plusieurs années, un discours circule de plus en plus fréquemment dans l’espace public et sur les réseaux sociaux selon lequel la France aurait perdu sa souveraineté et serait désormais « colonisée » ou « contrôlée » par Israël. Présentée comme radicale, voire subversive, cette affirmation mérite pourtant d’être examinée à partir des faits historiques et politiques. Car loin d’éclairer les rapports de domination, elle tend surtout à en inverser le sens.

La colonisation ne se réduit pas à une simple influence idéologique ou diplomatique. Elle désigne un système structuré de domination, qui peut prendre des formes directes ou indirectes.

Si la colonisation classique reposait sur l’occupation territoriale, la dépossession des populations autochtones, l’exploitation économique et la hiérarchisation raciale, le néocolonialisme en constitue aujourd’hui une forme contemporaine, fondée sur la dépendance économique, monétaire, politique et militaire.

Ces logiques s’exercent principalement dans les rapports Nord–Sud.

La France ne les subit pas : elle les pratique.

La relation entre la France et Israël ne relève donc pas du néocolonialisme, mais d’une alliance entre puissances intégrées au même ordre impérial occidental.

La France demeure un État pleinement souverain, disposant de l’ensemble de ses leviers politiques, diplomatiques, militaires et économiques. Parler d’une « colonisation de la France » relève donc d’un contresens historique, qui ne correspond ni aux définitions classiques de la colonisation ni à celles du néocolonialisme.

Pour comprendre les choix actuels de l’État français, il est indispensable de rappeler l’ampleur de son histoire coloniale. La France a été l’une des principales puissances impériales des XIXe et XXe siècles, exerçant une domination sur des territoires situés sur tous les continents.

En Afrique, elle a colonisé et dominé durablement l’Algérie, la Tunisie et le Maroc. Elle a également colonisé l’ensemble des territoires suivants en Afrique de l’Ouest : le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et la Mauritanie. En Afrique centrale, la domination française s’est exercée sur le Tchad, la République centrafricaine, le Congo-Brazzaville, le Gabon et le Cameroun. À cela s’ajoutent Madagascar et les Comores.

Aux Amériques, la France a colonisé les Antilles, contrôlé la Guyane et participé à la colonisation de l’Amérique du Nord, notamment au Québec, alors appelé Nouvelle-France.

Si le français y est encore parlé aujourd’hui, ce n’est pas le fruit d’un simple échange culturel, mais le résultat d’une imposition coloniale.

En Asie, la France a constitué l’Indochine française, regroupant le Vietnam, le Laos et le Cambodge, au prix de guerres, de répressions et d’une exploitation économique systématique. Dans le Pacifique, elle a colonisé notamment Kanaky (Nouvelle-Calédonie), où la colonisation de peuplement et la dépossession foncière ont profondément bouleversé les équilibres démographiques et politiques, au détriment du peuple kanak, ainsi que la Polynésie française.

Cette histoire coloniale est indissociable de l’esclavage. Pendant plusieurs siècles, la France a organisé la déportation et l’exploitation de populations africaines dans les Antilles, en Guyane et dans l’océan Indien. Ce système reposait sur une racialisation juridique niant l’humanité même des personnes réduites en esclavage.

Ses effets structurent encore aujourd’hui les rapports sociaux, économiques et raciaux, aussi bien dans les territoires concernés que dans l’Hexagone.

Contrairement à un récit officiel qui présente la colonisation comme un épisode révolu, la France continue par ailleurs d’exercer une domination directe sur plusieurs territoires, parmi lesquels la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion, Mayotte et Kanaky.

À cela s’ajoute un néocolonialisme toujours actif, en particulier en Afrique, prenant la forme de contrôles monétaires, de présences militaires, d’ingérences politiques et de dépendances économiques durables. La colonisation française n’est donc pas seulement un héritage historique, mais une structure encore opérante.

C’est dans ce contexte qu’il faut analyser le soutien français à Israël. L’erreur centrale du discours affirmant que la France serait « contrôlée » par une puissance extérieure consiste à imaginer une contrainte imposée de l’extérieur. En réalité, ce soutien repose sur des choix effectués par des responsables politiques, des institutions et des cadres idéologiques français.

Autrement dit, la France n’est pas dominée par Israël : elle agit en fonction de ses propres intérêts.

Cette position s’inscrit dans une cohérence historique et stratégique. Israël est un État colonial de peuplement, intégré à l’ordre impérial occidental. La France le soutient parce qu’elle se reconnaît dans ce type de projet et parce qu’elle y trouve des intérêts géopolitiques au Moyen-Orient. Il s’agit d’un alignement stratégique, non d’une perte de souveraineté.

Les faits le confirment. Lorsque ses intérêts sont directement menacés, la France sait parfaitement s’opposer à ses alliés. Elle l’a fait en 2003 en refusant de soutenir l’invasion de l’Irak menée par les États-Unis. Elle l’a également montré lorsque certaines actions israéliennes au Liban entraient en contradiction avec des intérêts français, notamment liés à des entreprises comme TotalEnergies.

Ces épisodes rappellent une réalité simple : la France n’est pas impuissante. Elle arbitre en fonction de ses propres intérêts.

Présenter la France comme une victime « colonisée » permet ainsi d’éviter une critique plus dérangeante : celle de sa responsabilité historique et actuelle dans l’ordre impérial occidental.

Ce récit blanchit l’impérialisme français, efface la continuité coloniale et détourne l’analyse vers un ennemi extérieur fantasmé. Il ouvre également la voie à des lectures complotistes qui affaiblissent, plutôt qu’elles ne renforcent, les luttes anticoloniales et la défense du peuple palestinien.

Nommer cette réalité est une condition essentielle pour construire une critique réellement décoloniale, rigoureuse et émancipatrice. La France n’est pas dominée par une force extérieure qui lui serait imposée. Elle agit en cohérence avec son histoire, ses structures et ses intérêts.

Elle n’est pas dominée par les sionistes : la France est sioniste, parce qu’elle est une puissance coloniale qui reconnaît dans l’État d’Israël un prolongement de l’ordre impérial auquel elle appartient.

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