La piraterie comme garantie de la sécurité énergétique américaine?

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À la suite de l’opération au Venezuela, les États-Unis étendent leurs menaces à plusieurs nations. Washington considère ainsi Cuba, le Mexique et la Colombie comme de nouvelles cibles proches, mais ses menaces s’étendent encore plus loin, jusqu’au Groenland et à l’Iran.

L’opération militaire américaine au Venezuela est suivie d’une «Opération coup de poing» contre les tankers liés de quelque façon à la Russie au nom des sanctions unilatérales adoptées contre la fameuse «flotte fantôme». Pour Karine Bechet, il s’agit bien d’une tentative de garantir sa sécurité énergétique au prix de celle des autres pays.

Trois navires – le Sofia et le Marinera le 7 janvier, puis le Olina le 9 janvier – transportant du pétrole en provenance du Venezuela, liés d’une manière ou d’une autre à la Russie, ont été abordés par les forces militaires américaines depuis l’enlèvement du Président vénézuélien Maduro et l’installation d’un gouvernement temporaire.

Ces bateaux furent arraisonnés dans les eaux internationales par les Garde-côtes américains, qui sont ainsi formellement sortis de leur juridiction, sur ordre d’un tribunal fédéral américain pour violation des sanctions américaines contre le Venezuela.

Ainsi, les forces américaines ont violé le droit international, puisque leurs compétences s’arrêtent à la limite des eaux territoriales américaines. C’est d’ailleurs, ce que rappelle le ministère russe des Transports : « Conformément aux dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, la liberté de navigation s’applique en haute mer, et aucun État n’a le droit d’utiliser la force contre des navires dûment immatriculés dans les juridictions d’autres États. ».

Par ailleurs, le navire Marinera battait légalement pavillon russe et les États-Unis étaient au courant. Comme le souligne toujours le ministère russe des Transports : « Le 24 décembre 2025, le vaisseau Marinera a obtenu une autorisation temporaire de naviguer sous le drapeau national de la Fédération de Russie, délivrée conformément à la législation russe et aux normes du droit international.

Aujourd’hui, à 15h environ, heure de Moscou, les forces navales américaines sont montées à bord du vaisseau en haute mer, en dehors des eaux territoriales de tout État. Le contact avec le vaisseau a été perdu. »

Et comme l’affirme le ministère russe des Affaires étrangères, les États-Unis en ont été régulièrement informés. Son arraisonnement est donc une première.

Les équipages devraient être déférés à la justice américaine, dont personne n’est autorisé à douter de l’impartialité dans des affaires aussi politiques. Heureusement, après une intervention vigoureuse du ministère russe des Affaires étrangères, deux marins russes à bord du Marinera ont été rendus à la Russie.

Comme nous l’avons appris, les États-Unis n’ont pas agi seuls. Dans le cas du Marinera, ils ont reçu, à leur demande, l’appui de la Grande-Bretagne : « Ils ont déployé des avions de reconnaissance pour suivre le navire et ont mis leurs bases aériennes à la disposition de l’US Air Force. ». En ce qui concerne le dernier en date, l’Olina, les nouvelles autorités bolivariennes qui ont montré patte blanche et ainsi prouvé leur allégeance au nouveau Maître, ont formellement apporté leur aide, comme le déclare Donald Trump : « Aujourd’hui, les États-Unis d’Amérique, en coordination avec les autorités provisoires du Venezuela, ont saisi un pétrolier qui avait quitté le Venezuela sans notre accord. Ce pétrolier est actuellement en chemin, de retour vers le Venezuela, et le pétrole sera vendu ».

Caracas a baissé le drapeau, plein de grandeur d’âme, et du coup une nouvelle agression armée américaine a été annulée … ou reportée ?

Les États-Unis ont commencé à vider les navires de leur pétrole et imposent les règles de vente de ce bien, qui ne leur appartient pas. Cela s’appelle bien de la piraterie. Ainsi, apprend-on que le pétrole vendu sera utilisé « conformément aux intérêts des États-Unis et du Venézuela » et uniquement pour acheter des produits américains. Et si l’on tient compte de deux autres navires arraisonnés fin 2025, le montant devient important : « Selon le site spécialisé Tanker Tracker, cette cinquième prise de contrôle porte le total saisi par Washington en quelques semaines à plus de 6 millions de barils de pétrole, pour une valeur totale de 300 millions de dollars. »

Parallèlement, le Président américain lance un programme d’investissement au Venezuela, où les infrastructures sont en mauvais état. Une réunion était organisée avec les grands groupes, qui sont appelés à investir – sans pour autant être empressés : « La Maison-Blanche a indiqué que les entreprises représentées étaient Chevron, ExxonMobil, ConocoPhillips, Continental Halliburton, HKN, Valero, Marathon, Shell, Trafigura, Vitol Americas, Repsol, Eni, Aspect Holdings, Tallgrass, Raisa Energy et Hilcorp. »

Rappelons que le Venezuela possède les plus grandes réserves non exploitées de pétrole, avec plus de 300 milliards de barils de brut. Or, les anciens gouvernements avaient remis en cause la mainmise américaine, qui conduisait à une fuite des dividendes, en imposant un contrôle étatique sur l’exploitation des ressources du pays. Ce qui était évidemment inacceptable pour ces compagnies, dont la plus grande partie avait quitté le marché.

Désormais, les États-Unis se « remboursent » grâce à un gouvernement temporaire plutôt conciliant : des centaines de « prisonniers politiques » ont été libérés au moment de l’arrivée d’une délégation américaine à Caracas ; les nouvelles autorités ont annoncé in fine ne pas réagir à l’agression militaire et à l’instauration d’une tutelle politique (leur réaction ne sera que diplomatique).

Le néocolonialisme, dont parle le ministère russe des Affaires étrangères, avance à grands pas. Comme le souligne très justement la porte-parole du ministère, ces arraisonnements illégaux en eaux internationales ouvrent la boîte de Pandore : « La Russie appelle les États-Unis à cesser immédiatement leurs actions illégales contre le Marinera et les autres navires menant des opérations légitimes en haute mer. (…) La propension des États-Unis à provoquer de graves crises internationales est regrettable et alarmante. »

La Russie l’a à juste titre rappelé à maintes reprises : la sécurité d’un pays ne peut se construire au prix de celle des autres. Cela concerne tous les domaines de la sécurité nationale, notamment la sécurité énergétique. Les États-Unis ont un besoin urgent de garantir leur sécurité énergétique, puisque leurs besoins en la matière dépassent de très loin leurs capacités énergétiques réelles. Pour autant, déstabiliser l’équilibre international pour cela n’est pas digne d’une grande puissance.

Venezuela : les États-Unis, un État voyou qui accélère sa propre chute

Que l’on soutienne ou non Maduro, les États-Unis, le 3 janvier, se sont comportés en véritable État voyou. Un nouveau cap franchi qui aura des conséquences géopolitiques profondes, d’après Alexandre Regnaud.

En attaquant un État souverain, le Venezuela, et surtout en kidnappant son dirigeant légitime et en exercice, Nicolás Maduro, et son épouse, Trump a franchi un seuil. Il vient de placer définitivement et ouvertement les États-Unis dans la catégorie des États voyous, ceux qu’il faut craindre car ils ne respectent rien, mais surtout, dont il faut se protéger.

Bien sûr, ce n’est pas la première fois que les États-Unis agressent gratuitement un État souverain sans aucun mandat international. Rien que depuis la prise de fonction de Trump le 20 janvier 2025, c’est-à-dire en moins d’un an, le « président de la paix » (avec beaucoup de guillemets) en est à son sixième pays agressé : 1er février 2025 en Somalie, 15 mars 2025 au Yémen, 22 juin 2025 en Iran, 19 décembre 2025 en Syrie, 25 décembre 2025 au Nigeria, et pour finir le 3 janvier au Venezuela.

Donald Trump et Lindsey Graham, président de la commission budgétaire du Sénat américain. [Photo d’illustration]Après l’opération au Venezuela, les États-Unis menacent cinq autres pays

VENEZUELA Combien de morts l’opération américaine visant à capturer Nicolas Maduro a-t-elle fait à Caracas ? L’armée vénézuélienne diffuse l’avis de décès de 23 de ses militaires, tandis que Cuba, pays allié du Venezuela, publie sur X les noms et portraits de 32 membres des services de sécurité cubains tués dans la nuit de vendredi à samedi. Soit un total officiel de 55 morts.

Ce n’est pas non plus la première fois que les États-Unis se débarrassent d’un dirigeant qui leur déplaît : on se souvient de Kadhafi ou de Saddam Hussein. Mais ils avaient été, soit lynchés par leur peuple, soit exécutés après une parodie de procès.

Même lors de la précédente tentative de Trump contre Maduro, en 2020, les États-Unis avaient utilisé un écran, via des mercenaires de la société militaire privée Silvercorp et des mercenaires colombiens. Ils devaient infiltrer Caracas avec le soutien d’agents de la CIA et de la cinquième colonne vénézuélienne, kidnapper Maduro et le sortir du pays. L’opération avait coûté 227 millions de dollars, qui devaient être payés après la prise de pouvoir par des fonds vénézuéliens. Ce fut un échec humiliant pour Trump et deux Américains avaient été capturés avec le reste des mercenaires.

Mais ici, l’enlèvement pur et simple, sur son propre sol, d’un dirigeant en exercice, directement par des forces spéciales américaines (Delta Force), en plus de frappes absolument illégales, notamment sur des centres de décision tels que le Parlement vénézuélien, franchit une étape supplémentaire dans le non-droit le plus absolu et place donc ouvertement les États-Unis parmi les voyous.

Car il faut bien entendu rappeler que tous les prétextes mis en avant par les États-Unis sont absolument bidon.

Le narcotrafic ? La drogue arrivant aux États-Unis en provenance directe du Venezuela ne représente qu’entre 5 % et 8 % du total du trafic de cocaïne sud-américain.

Un État terroriste ? Alors pourquoi ne pas organiser immédiatement une campagne de frappes contre Zelensky, lui-même réellement à la tête d’un État terroriste qui n’hésite pas à massacrer des familles innocentes dans la région de Kherson la nuit du Nouvel An et à frapper régulièrement des objectifs purement civils ? Pourquoi la CIA continue-t-elle alors de lui fournir l’aide pour organiser ces frappes ou les attaques de piraterie en mer contre la prétendue flotte fantôme russe ?

La vérité, c’est que Trump est vendu aux magnats du pétrole américains, avec des dons de la part de dirigeants ou d’entreprises du secteur pétrolier à sa campagne de 2024 estimés à au moins 75 millions de dollars, minimum. Et que depuis la nationalisation du secteur par Chavez en février 2007, ces entreprises veulent retrouver l’accès au magot du pétrole vénézuélien qu’elles ont en partie perdu. Trump ne s’en cache même plus et déclarait lors de sa conférence de presse du 3 janvier : « Une reconstruction du Venezuela nous attend, nous allons extraire beaucoup d’argent du sous-sol. »

Pour cela, le prix Nobel de la paix a été (une fois de plus) trafiqué pour échoir à « l’opposante » Maria Corina Machado, qui, d’après le New York Times, aurait fait la promesse concrète aux conseillers de Donald Trump que « si elle accédait au pouvoir, elle ouvrirait le secteur pétrolier aux investissements américains ». Le principal problème restant son impopularité sur place, ça ne sera peut-être finalement pas elle, mais l’idée est là.

🚨 CHOC DIPLOMATIQUE : LE VENEZUELA BRISE SES CHAÎNES AVEC PARIS !

​Le ciel de Caracas s’est assombri d’une colère froide. Sous les ordres de Delcy Rodriguez, le drapeau tricolore se replie : les diplomates français sont chassés, marquant l’effondrement d’un siècle de relations entre la France et la terre de Bolívar.

​Le Cri de la Souveraineté Blessée

​Ce n’est pas une simple expulsion, c’est un séisme politique. En ordonnant le départ immédiat du corps diplomatique français, Delcy Rodriguez ne signe pas seulement un décret ; elle lance un défi au monde occidental. Pour Caracas, le soutien d’Emmanuel Macron à l’opération américaine n’est pas une position diplomatique, c’est une trahison du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

​Paris dans l’Œil du Cyclone

​L’Élysée, autrefois médiateur espéré, est désormais perçu comme l’exécutant zélé de la volonté de Washington. En s’alignant sur la ligne dure de Donald Trump, la France a, selon les mots de Rodriguez, « vendu son indépendance ». Ce divorce brutal laisse les ressortissants français et les intérêts économiques de l’Hexagone dans une incertitude totale, alors que les ponts sont coupés.

​La Tactique du Rempart : L’Alliance des Désalignés

​Derrière ce geste radical se dessine une stratégie de “Terre Ferme”. Delcy Rodriguez ne recule pas ; elle se barricade derrière ses alliances avec Moscou, Pékin et Téhéran. En isolant la France, elle envoie un message glaçant à l’Europe : tout soutien à l’ingérence sera payé par une rupture totale.

​Une Diplomatie de Rupture

​« Quand la diplomatie devient un outil d’invasion, la réponse ne peut être que la rupture. »

​Ces mots résonnent comme un avertissement pour l’ordre mondial. Nous ne sommes plus dans le temps du dialogue, mais dans celui de la confrontation pure. La France perd sa voix en Amérique latine, et le Venezuela s’enfonce dans une résistance farouche qui pourrait transformer la région en un brasier géopolitique.

​C’est un tournant tragique où l’émotion des peuples rencontre la brutalité de la haute politique.

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