Le RN de nouveau mis en cause dans une affaire de détournements financiers au Parlement européen
Le Rassemblement national et plusieurs de ses alliés au Parlement européen sont soupçonnés de diverses irrégularités financières, selon un rapport de l’institution bruxelloise révélé jeudi par “Le Monde”.
Ils sont suspectés d’avoir “indûment dépensé” plus de 4,3 millions d’euros entre 2019 et 2024.
“Il peut y avoir des désaccords administratifs avec le Parlement européen” et “on va essayer, encore une fois, de les résoudre”, a commenté Marine Le Pen.
Après la condamnation de Marine Le Pen et de plusieurs personnalités du Rassemblement national pour détournement de fonds publics en mars dernier, existe-t-il une nouvelle affaire RN au Parlement européen ? Ce jeudi 3 juin, le journal “Le Monde”
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et plusieurs médias allemands et autrichien révèlent de nouvelles irrégularités financières impliquant le parti d’extrême droite et ses alliés du groupe Identité et démocratie (ID) à Bruxelles.
Le RN et ses alliés sont suspectés d’avoir” “indûment dépensé” “plus de 4,3 millions d’euros entre 2019 et 2024, selon un rapport de la direction des affaires financières du Parlement européen rédigé il y a quelques semaines sur la base d’un contrôle financier de routine des comptes et des archives financières du groupe ID, à l’occasion de sa dissolution en juillet 2024.
Des millions d’euros perçus par des sociétés liées à des proches de Marine Le Pen
D’après ce document, la majeure partie de cette somme a bénéficié à deux sociétés liées à des proches de Marine Le Pen, à savoir son ancien conseiller Frédéric Chatillon et son épouse Sighid Blanc. L’agence de communication e-Politic a ainsi perçu 1,7 million d’euros après un appel d’offres “”purement formel” “et entaché de “”graves problèmes de conformité”” selon les inspecteurs bruxellois, qui estiment par conséquent que “”toutes ces dépenses (…) sont irrégulières””.
Même chose pour l’entreprise Unanime, qui a empoché plus de 1,4 million d’euros pour des travaux d’impression, de surcroît sous-traités à moindre coût, avec une marge évaluée à 260.000 euros. Des faits qui rappellent l’affaire dite” “des kits de campagne””, dans laquelle Frédéric Chatillon, Sighid Blanc et des membres de l’ex-Front national avaient été condamnés pour escroquerie et abus de biens sociaux.
Le RN et ses alliés sont par ailleurs incriminés par le Parlement européen pour de multiples dons à des associations n’ayant “”aucun lien”” avec leurs activités politiques à Bruxelles. Stérilisation de chats errants, amicale de sapeurs-pompiers, restauration d’une paroisse… Au total, plus de 700.000 euros ont ainsi été distribués en cinq ans à des structures souvent liées à des proches d’eurodéputés d’extrême droite, ou situées dans leur région d’élection. Or selon la règlementation ces crédits alloués chaque année aux groupes politiques par le Parlement doivent être affectés au fonctionnement opérationnel du groupe politique ou à des actions en lien avec les “”activités politiques de l’Union européenne””.
Auprès du “Monde”, l’ancien secrétaire général du groupe Identité et Démocratie, le Belge Philip Claeys, a rejeté en bloc ce qu’il a qualifié d'””allégations incorrectes””, assurant que “”tous les paiements effectués dans les cinq dernières années ont été dûment facturés, justifiés et contrôlés””.
Je ne sais pas ce qu’il en est, je n’ai pas regardé ce dossier
Marine Le Pen
Interrogée jeudi matin à ce sujet sur RTL, Marine Le Pen a affirmé ne pas en avoir eu connaissance : “”Je ne sais pas ce qu’il en est, je n’ai pas regardé ce dossier””. Mais “”il peut y avoir des désaccords administratifs avec le Parlement européen”” et “”on va essayer, encore une fois, de les résoudre””, a-t-elle ajouté, avant de qualifier l’institution d'””organe politique (qui) mène à l’égard de son opposition une guerre de tranchées”” et lui “”cherche des noises matin, midi et soir, en toute circonstance””.



![Elon Musk explique comment Starlink va réellement faire évoluer le PIB des pays Le milliardaire et ex-bras droit de Donald Trump, Elon Musk, a annoncé samedi son intention de créer le « parti de l’Amérique » (America Party), une nouvelle formation politique qui promet de « rendre la liberté aux Américains ». Depuis qu'il a quitté ses fonctions à Washington, fin mai, l'ancien patron du DOGE multiplie les attaques contre la grande et magnifique loi du président Trump, qu'il accuse d'aggraver le déficit public. Il avait menacé de créer son propre parti politique si ce texte de loi venait à être adopté. Chose promise, chose due. Samedi, le fondateur de Tesla a pris le pouls des électeurs américains sur son réseau social X, où 1,2 million d'utilisateurs se sont prononcés en faveur de la création d'un nouveau parti politique. Pour le moment, son parti n'a toujours pas été enregistré à la Commission électorale fédérale, qui régule notamment la création et le financement des formations politiques aux États-Unis. Faut-il prendre M. Musk au sérieux? Et de quoi pourrait avoir l'air une telle percée politique? Éclairage. Quelles sont les intentions d'Elon Musk? Cet homme d'affaires rêve d'une nouvelle formation politique, car il se dit déçu par les partis républicain et démocrate. Ni l'un ni l'autre n'ont assuré une meilleure gestion des finances publiques, sa principale priorité, selon Julien Tourreille, chercheur en résidence à l'Observatoire sur les États-Unis. Puisque sa fortune et son influence ne parviennent pas à pénétrer les murs du Congrès comme il l'aurait souhaité, faire élire des représentants capables de défendre son programme politique devient alors la seule solution, selon M. Tourreille. Compte tenu de la répartition actuelle des sièges au Congrès, M. Musk a affirmé qu'il ciblerait deux ou trois sièges au Sénat et de huit à dix [sièges] à la Chambre des représentants pour soutenir des candidats favorables à ses positions politiques. M. Tourreille estime que son objectif consiste à fragiliser les républicains, en particulier ceux qui avaient l'intention de voter contre la grande et magnifique loi mais qui se sont finalement ralliés du côté de leur parti. C'est le cas de Lisa Murkowski, une sénatrice républicaine de l'Alaska qui avait fait part de ses réserves à l'endroit de ce projet de loi mais qui a finalement voté en sa faveur.](https://mfvnnews.com/wp-content/uploads/2025/07/elon-musk-30-mai-2025-218x150.webp)



