🇮🇷 — Lettre du ministre iranien des Affaires étrangères à l’ONU et aux États membres concernant le « terrorisme économique » américain contre l’Iran
M. Abbas Araghchi a adressé une lettre au secrétaire général des Nations unies, au président du Conseil de sécurité et aux États membres de l’ONU.
Il y expose la position de l’Iran concernant « l’opération de terrorisme économique » menée par les États-Unis contre l’Iran et souligne la responsabilité juridique et morale de l’ONU et de tous les États de condamner cette mesure illégale et le crime commis par les dirigeants américains.
Voici le texte de la lettre adressée par le ministre des Affaires étrangères :
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Monsieur António Guterres,
Secrétaire général des Nations unies,
Je souhaite attirer immédiatement votre attention et, par votre intermédiaire, celle des membres du Conseil de sécurité et de tous les États membres de l’ONU sur les derniers actes de terrorisme d’État commis par les États-Unis contre l’Iran, annoncés le 24 août 2026 sous le nom d’« Opération d’expulsion économique ».
Après avoir échoué à atteindre ses objectifs criminels lors de deux guerres d’agression menées en 2025 et 2026 contre l’Iran, et après avoir échoué à convaincre d’autres États de participer à ces guerres imposées, les États-Unis ont décidé de poursuivre le même objectif illégal : contraindre des gouvernements indépendants à renoncer à leur décision mûrement réfléchie de ne pas participer à un acte d’agression, en exerçant des pressions et des coercitions pour les faire participer à une « opération de terrorisme économique ».
Les États-Unis poursuivent une politique d’intimidation et de terreur, au mépris manifeste des principes du multilatéralisme et de la diplomatie.
L’objectif déclaré de cette prétendue « opération » est de mettre fin aux relations économiques légales avec l’Iran, avec le soutien de la menace d’imposer des sanctions secondaires et de priver les États concernés du système financier américain.
Cet objectif constitue une tentative d’étendre les lois américaines et les objectifs de leur politique étrangère à d’autres États et de contraindre des gouvernements indépendants à modifier leurs relations commerciales légales.
Ces mesures sont contraires au principe de l’égalité souveraine consacré par l’article 2, paragraphe 1, de la Charte des Nations unies, ainsi qu’au droit de tous les États de déterminer librement leurs politiques économiques et étrangères, sans ingérence extérieure.
Le silence face à cette intimidation systématique et persistante risque de contribuer à la banalisation des violations de la Charte des Nations unies et des principes du droit international, qui constituent le fondement des relations internationales entre États souverains.
Dans ce contexte, je souhaite attirer votre attention sur les éléments suivants :
— Les dernières mesures annoncées prévoient l’application de sanctions contre des personnes et des entités « indépendamment de leur lieu de résidence ». Il s’agit d’une tentative d’étendre la portée des lois et politiques américaines au-delà des limites de leur compétence légitime, de restreindre les choix des autres États en matière de souveraineté économique et de les soumettre à des décisions prises unilatéralement à Washington.
Bien que le recours répété à de telles mesures coercitives ne puisse créer, par consentement implicite ou par répétition, un droit légal d’exercer une compétence juridictionnelle illimitée au-delà des frontières, ces mesures visent à imposer les restrictions décidées par les États-Unis au reste de l’économie mondiale et à contraindre des États tiers à mettre en œuvre des politiques qu’ils n’ont ni adoptées ni approuvées.
— Cette prétendue « opération » cible délibérément les civils et est conçue pour contourner la protection que leur accorde le droit international.
Cette mesure impose une punition collective en privant délibérément la population de l’accès à la nourriture, aux médicaments, aux équipements médicaux, à l’énergie et à d’autres besoins essentiels, entraînant de graves conséquences pour leurs droits à la vie, à la santé, à l’alimentation et à un niveau de vie décent.
Compte tenu du caractère étendu et systématique de ces sanctions, la nature de cette « opération » terroriste ainsi que la responsabilité pénale des personnes ayant ordonné, dirigé, facilité ou sciemment mis en œuvre de telles mesures doivent faire l’objet d’une enquête.
— Cette prétendue « opération » constitue une violation manifeste de la décision et des directives de la Cour internationale de Justice, et témoigne de la gravité des crimes commis par les États-Unis contre le peuple iranien. Le 3 octobre 2018, la Cour a ordonné à l’unanimité au gouvernement américain de garantir la libre exportation vers l’Iran de : (1) médicaments et équipements médicaux ; (2) denrées alimentaires et produits agricoles ; et (3) pièces détachées, équipements et services associés — notamment les services de garantie, de maintenance, de réparation et d’inspection — nécessaires à la sécurité de l’aviation civile en Iran, ainsi que de délivrer les « licences et autorisations nécessaires » et de faciliter le transfert des paiements et autres fonds correspondants.
Monsieur,
Nous sommes face à un moment décisif pour le Conseil de sécurité et pour l’ensemble des membres de l’ONU : soit nous défendons les principes de l’égalité souveraine, de la non-ingérence et du respect des droits des États, tels qu’ils sont consacrés par la Charte des Nations unies, soit nous nous soumettons à l’unilatéralisme et à la loi du plus fort exercée par un État rebelle.
La République islamique d’Iran, face à cette dernière violation par les États-Unis des principes de la Charte des Nations unies et du droit international, demande au Conseil de sécurité et à l’ensemble des membres de l’ONU :
— De condamner et de rejeter le recours aux mesures coercitives unilatérales et aux sanctions secondaires imposées par les États-Unis comme instruments visant à contraindre les États indépendants à modifier leurs intérêts économiques et leurs relations commerciales légitimes.
— De s’abstenir de reconnaître, de soutenir ou de mettre en œuvre toute mesure de cette nature visant à subordonner leurs droits souverains à des politiques définies unilatéralement par les États-Unis.
— D’exiger des États-Unis qu’ils cessent immédiatement les menaces et les mesures coercitives visant à contraindre les États tiers et leurs ressortissants à modifier leurs relations et leurs intérêts économiques légitimes.
L’Iran demande également au Secrétaire général de l’ONU d’évaluer et de rendre compte des conséquences humanitaires et des répercussions sur les droits humains de ces mesures, notamment de leur impact sur l’accès des civils à la nourriture, aux médicaments, aux soins de santé, à l’énergie, aux transports, à l’aide humanitaire et aux autres conditions nécessaires à une vie digne, et de veiller à ce que les éléments de preuve pertinents soient évalués, documentés et conservés de manière indépendante, afin de pouvoir être utilisés ultérieurement aux fins d’établir les responsabilités.
Dans le même temps, la République islamique d’Iran se réserve le droit d’emprunter toutes les voies disponibles afin d’obtenir l’établissement des responsabilités, des réparations et la restitution de ses droits, et se réserve le droit de demander des comptes aux contrevenants pour les conséquences humanitaires et illégales de ces mesures.
L’acte contraire au droit international commis par les États-Unis dans le cadre de leur campagne de terrorisme économique au moyen de mesures coercitives unilatérales engage leur responsabilité internationale, notamment leur obligation de réparer intégralement tous les préjudices causés, qu’ils soient matériels ou moraux, y compris par la restitution de la situation antérieure, le versement d’indemnités et l’octroi d’une satisfaction aux victimes, conformément aux exigences du droit international.
Les États-Unis portent l’entière responsabilité internationale et, si les éléments juridiques pertinents sont établis, la responsabilité pénale individuelle pour toutes les conséquences de ces mesures criminelles et illégales et pour les dommages causés au peuple iranien du fait de cet acte de terrorisme d’État.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir donner instruction pour que la présente lettre soit distribuée en tant que document officiel du Conseil de sécurité.
Monsieur Abbas Araghchi
Ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran
🇮🇷 — Porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, se moquant de l’ennemi américain vaincu :

« L’Amérique a envoyé le porte-avions américain USS Abraham Lincoln dans la région pour étendre son influence. Après des mois de guerre — et plus de 200 jours sans s’arrêter dans aucun port — il se dirige maintenant vers la Thaïlande pour permettre à l’équipage de se reposer et de se détendre.
Mission : projection de puissance.
Mission actuelle : projet de vacances.
“Je suis fatigué, Président.” »
« L’Amérique a envoyé le porte-avions américain USS Abraham Lincoln dans la région pour étendre son influence. Après des mois de guerre — et plus de 200 jours sans s’arrêter dans aucun port — il se dirige maintenant vers la Thaïlande pour permettre à l’équipage de se reposer et de se détendre.
Mission : projection de puissance.
Mission actuelle : projet de vacances.
“Je suis fatigué, Président.” »







