La famille Rothschild a renfloué les casinos en faillite de Trump et le tient à sa merci La famille Rothschild dirige des opérations mondiales de chantage liées au viol d’enfants par Epstein Trump reçoit ses ordres directement de la famille Rothschild Les Rothschild ont créé l’Israël moderne et satanique Les Rothschild ont ordonné cette guerre contre l’Iran

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Mainmise sur les banques centrales, influence sur les présidents… Depuis près de deux siècles, de nombreuses théories du complot fleurissent autour de la famille Rothschild.

Jacob Rothschild, membre de l’une des dynasties bancaires les plus connues d’Europe, est décédé fin février à 87 ans. Cet homme d’affaire, homme politique et philanthrope est n’est pas connu du grand public, mais l’annonce de sa mort a suscité de vives réactions au sein de la complosphère.

À peine 24 heures après l’annonce de la mort de Jacob Rothschild “un demi-million de tweets le mentionnant ont été publié et les dix tweets les plus viraux provenaient tous de comptes complotistes”, observe Tristan Mendès France. Le complotiste américain Dom Lucre a par exemple publié sur X (ex-Twitter) une photo générée par l’intelligence artificielle représentant Jacob Rothschild sur un trône fait d’os et de crânes – image qui a fait plus de 18 millions de vues.

Une dynastie prisée des complotistes depuis deux siècles

Cela fait depuis le 19e siècle que la famille Rothschild cristallise de nombreuses théories conspirationnistes. “C’est là qu’apparaît le mythe Rothschild” et une “abondante littérature complotiste” autour de cette famille, souligne Rudy Reichstadt. Le nom “Rothschild” devient alors synonyme d’opulence, de fortune et de succès, mais très vite apparaît aussi la thèse d’une influence démesurée.

Les Rothschild sont ainsi tour à tour accusés d’avoir financé les guerres mondiales, d’avoir participé à l’assassinat de John Fitzgerald KennedyOuverture dans un nouvel onglet, ou encore d’avoir fait couler le Titanic. Rudy Reichstadt explique ainsi que “derrière tous les grands événements de ce monde depuis deux siècles, on essaie de voir la main des Rothschild”.

“On peut se demander de quoi les Rothschild n’ont pas été accusés”

Aujourd’hui encore, les Rothschild continuent de susciter de folles rumeurs. Tristan Mendès France remarque que sur l’outil Google Trends le terme “Rothschild” a connu son pic le plus élevé des cinq dernières années en janvier 2021, en pleine pandémie de Covid-19. À l’époque, la famille Rothschild était au cœur de plusieurs thèses conspirationniste, notamment celle selon laquelle elle aurait breveté un test de dépistage Covid-19.

Désintox. Les « banques centrales de Rotschild » n’existent pasOuverture dans un nouvel onglet

Des thèses conspirationnistes de plus en plus populaires

Il y a cinq ans, la théorie complotiste selon laquelle les Rothschild auraient la mainmise sur le système bancaire mondial s’est retrouvée sur le site de la BNP Paribas. Dans un article de son magazine en ligne, apparaissait la phrase “La famille Rothschild est à la tête de la quasi-totalité des banques centrales de la planète”, qui a été rapidement signalée puis retirée. “On est sur une variation du thème selon lequel la famille Rothschild tire les ficelles du monde”, note Rudy Reichstadt.

Tristan Mendès France estime que cet événement “montre à quel point les théories complotistes [autour des Rothschild] ont pénétré l’imaginaire collectif et deviennent presque une référence populaire”. Sauf que derrière un certain masque anticapitaliste et complotiste, ces thèses véhiculent souvent des préjugés antisémites.

Dans cet épisode, Rudy Reichstadt et Tristan Mendès France reviennent aussi sur les liens de parenté prêtés à Emmanuel Macron et sur les connotations souvent antisémites des thèses complotistes autour de la famille Rothschild.

VIDEO. “Je ne suis pas un héritier” : Emmanuel Macron est interpellé sur son passé de banquier d’affaires chez RothschildOuverture dans un nouvel onglet

“Le fantasme complotiste autour de la dynastie Rothschild”, c’est le 63e épisode de Complorama avec Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch, et Tristan Mendès France, maître de conférences associé à l’université Paris-Cité, spécialiste des cultures numériques et membre de l’observatoire du conspirationnisme. Un podcast à retrouver sur le site de franceinfo, l’application Radio France et plusieurs autres plateformes comme Apple podcastsOuverture dans un nouvel onglet, Podcast AddictOuverture dans un nouvel onglet, SpotifyOuverture dans un nouvel onglet, ou DeezerOuverture dans un nouvel onglet.

Références

Quelles leçons tirer de l’entreprise Rothschild, la société multicentenaire née au XVIIIe siècle, pour affronter les crises ? Une résilience fondée sur un langage organisationnel commun, des objectifs de long terme, une réputation de marque et des routines. Mais l’entreprise familiale s’est heurtée à ses limites en ratant son développement aux États-Unis : une prise de décision basée sur les émotions, sans déléguer à des associés hors de la famille.

Les entreprises familiales constituent une composante vitale du paysage économique en France. Dans le contexte économique turbulent actuel, marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations technologiques et l’évolution des structures commerciales, être une entreprise compétitive est plus important que jamais.

Partout dans le monde, les entreprises familiales ont fait preuve d’une résilience remarquable face aux chocs externes. Certaines des plus anciennes entreprises au monde sont des entreprises familiales qui ont survécu à des guerres mondiales, des révolutions, des catastrophes naturelles et des pandémies.

Parmi ces multinationales de longue date figure la société Rothschild, une banque d’investissement familiale européenne vieille de plusieurs siècles. Notre étude de cas sur la famille Rothschild, fondée sur une analyse historique, met en lumière la façon dont des relations durables, des routines organisationnelles fiables et des objectifs de long terme lui ont conféré des avantages significatifs dans le commerce international.

En même temps, les structures familiales peuvent contribuer à créer des « biais de bifurcation », qui consistent à privilégier les ressources familiales par rapport à des ressources non familiales de valeur égale ou supérieure. Notre étude révèle que ce biais de bifurcation peut compromettre le développement international d’une entreprise, en particulier sur des marchés éloignés et complexes.

Une brève histoire des Rothschild

Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), fondateur de la dynastie. Wikimedia Commons

À l’origine une entreprise commerciale, de prêt sur gages, la société est fondée à la fin du XVIIIe siècle par Mayer Amschel Rothschild, né dans le ghetto juif de Francfort (Hesse, Allemagne).

Rothschild et sa femme, Guttle, ont dix enfants, dont cinq fils : Amschel, Salomon, Nathan, Carl et James.

En 1798, Rothschild envoie Nathan à Manchester en Angleterre. Par effet de ricochet, l’entreprise se développe dans ce pays et opère sa mutation d’opérations purement marchandes à des transactions financières. Dans les années 1820, Rothschild devient une banque multinationale, avec Amschel, Salomon, Nathan, Carl et James à la tête de maisons bancaires à Francfort, à Vienne, à Londres, à Naples et à Paris, respectivement.

Avantages et inconvénients des liens familiaux

Nathan Mayer Rothschild (1777-1836). Fondateur de la branche dite « de Londres », il finança l’effort de guerre britannique contre les ambitions napoléoniennes. Wikimedia Commons

Au XIXe siècle, la stratégie des Rothschild consistant à s’appuyer sur les membres de la famille fonctionne bien pour l’entreprise.

Ingénieux, les cinq frères Rothschild correspondent dans un langage codé. Ils partagent également un pool commun de ressources à une époque où l’échange de données financières est rare dans le secteur bancaire international.

Leurs liens familiaux étroits permettent aux frères de transférer des informations, de l’argent et des marchandises à travers les frontières à une vitesse et une portée inaccessibles à leurs concurrents.

Cette cohésion interne protège les affaires des Rothschild, en facilitant les transactions et en leur permettant de rester résilients à travers les périodes de bouleversements politiques importants : une vision audacieuse pendant les guerres napoléoniennes, le ralliement républicain en 1848 et un patriotisme économique durant la Première Guerre mondiale.

Cette même dépendance excessive à la famille devient un inconvénient lorsque l’entreprise Rothschild se développe aux États-Unis.

Biais de bifurcation

Les Rothschild montrent un intérêt pour le marché états-unien dès les années 1820. Leurs tentatives répétées d’envoyer des membres de leur famille aux États-Unis pour étendre leurs opérations échouent, car aucun n’est prêt à y rester, préférant le confort de la vie européenne.

August Belmont fut agent de la banque Rothschild aux États-Unis. Wikimediacommons

Comme ils ne sont pas en mesure d’établir un ancrage familial dans le pays, les Rothschild nomment un agent, August Belmont, pour diriger les opérations états-uniennes en leur nom en 1837.

Belmont n’a pas le pouvoir de prendre des décisions entrepreneuriales, de faire des investissements ou de conclure des accords. Il n’a pas non plus un accès illimité au capital et n’a jamais été chargé d’un mandat officiel Rothschild ou reconnu comme un associé à part entière. Les Rothschild ne sont pas disposés à déléguer de telles décisions à quelqu’un qui n’est pas un descendant masculin direct du fondateur, Mayer Amschel Rothschild.

Cette incapacité à utiliser Belmont comme lien entre la famille – avec ses expériences réussies, ses capacités, ses routines et ses connexions en Europe – et le marché états-unien – avec ses opportunités croissantes et les précieux réseaux que Belmont commence à développer – empêche finalement l’entreprise Rothschild de reproduire son succès aux États-Unis.

Les Rothschild sont finalement éclipsés par les banques Barings et J P Morgan en Amérique. Les deux concurrents suivent un chemin différent sur le marché en ouvrant des filiales états-uniennes à part entière sous leurs marques d’entreprise, avec des fonds importants et une autonomie décisionnelle.

Garde-fous

Ce « biais de bifurcation » n’a pas toujours un impact négatif immédiat. Les pratiques de gouvernance biaisées sont restées sans conséquence pour les Rothschild – tant qu’il y avait suffisamment d’héritiers compétents pour diriger les opérations de la banque dispersées aux quatre coins du monde.

À court et à moyen terme, les liens de la famille, ses routines éprouvées et sa confiance mutuelle ont construit un réservoir de résilience qui a soutenu la banque tout au long du XIXe siècle, l’une des périodes politiques les plus instables de l’histoire européenne.

Mais lorsque les ambitions internationales d’une entreprise dépassent la taille de la famille, le biais de bifurcation peut nuire à la compétitivité, tant sur les marchés internationaux qu’au pays.

À un moment donné, les entreprises familiales doivent passer d’une prise de décision émotionnelle et biaisée à des systèmes de gouvernance efficaces. Ceux-ci impliquent l’intégration de gestionnaires non familiaux et la sélection de ressources, d’emplacements et de projets qui n’ont pas de signification émotionnelle.

La famille Tata, à la tête d’un groupe industriel indien créé en 1868, a mis en place des garde-fous pour empêcher les biais de bifurcation. Shutterstock

De nombreuses entreprises familiales prospères mettent en œuvre des outils dans leurs systèmes de gouvernance pour détecter et éliminer les comportements biaisés. Par exemple, les multinationales familiales telles que Merck en Allemagne, Cargill aux États-Unis et Tata Group en Inde ont créé des freins et garde-fous qui empêchent les décideurs de penser uniquement en termes familiaux.

Les stratégies les plus efficaces pour se prémunir contre le biais de bifurcation invitent à un examen extérieur dans la prise de décision des entreprises : nomination de PDG extérieurs à la famille, mise en place de conseils d’administration indépendants, embauche de consultants et octroi de pouvoirs de décision aux associés.

Leçons pour les entreprises familiales

Aujourd’hui, alors que l’environnement commercial mondial est sans doute confronté à une instabilité sans précédent, les entreprises cherchent à renforcer leur résilience.

Les entreprises familiales multigénérationnelles doivent apprendre à se prémunir contre le biais de bifurcation pour prospérer sur les marchés internationaux. Leur capacité démontrée à résister aux chocs externes offre de précieuses leçons pour d’autres entreprises.

Comment les entreprises non familiales peuvent-elles imiter le succès et la longévité des Rothschild ? Le cas Rothschild nous enseigne l’importance d’avoir un langage organisationnel commun, de fixer des objectifs à long terme, de maintenir des routines stables et de mettre l’accent sur la réputation de la marque.

Ces stratégies peuvent aider toute entreprise, familiale ou non, à renforcer sa résilience en période de volatilité.

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