Origine et contrôle de la richesse
- Biens personnels : MBS possède des actifs somptueux, comme le château Louis XIV en France ou le yacht Serene, estimés à plusieurs centaines de millions de dollars.
- Le Fonds souverain (PIF) : En tant que dirigeant de fait du pays, il contrôle le Fonds d’investissement public (PIF), dont les actifs dépassent 700 milliards de dollars.
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- La famille royale : La fortune collective de la maison des Saoud est évaluée à plus de 1 400 milliards de dollars, principalement liée aux revenus du pétrole.
🇾🇪 — Des sources de terrain ont confirmé à Al-Akhbar qu’Ansar Allah poursuivait son avancée sur le front d’Al-Shamaytayn, après avoir sécurisé le mont Jardan et réussi à faire tomber les deux fronts d’Al-Alqama et de Sharira, situés près de la chaîne montagneuse de Rassan, qui surplombe la ville d’Al-Turba et constitue la porte d’entrée sud du gouvernorat de Taëz. Cette position confère aux forces de Sanaa une capacité de feu sur les voies d’approvisionnement des fronts d’Al-Mudhariba.
Selon ces sources, Ansar Allah est parvenue ces derniers jours à prendre le contrôle d’une série de positions stratégiques dans le gouvernorat de Lahj, comprenant la majeure partie des montagnes de la région de Kahboub, notamment le mont Hajija, le mont Qala, la colline de Mofayta, ainsi que les zones d’Al-Ardi, Al-Mouhawala, Al-Aghbara, Al-Machawla, Al-Boukra, Wadi Al-Mudhariba et Al-Saqiya.
Il voulait arracher l’Arabie saoudite à sa dépendance au pétrole, imposer son royaume comme puissance régionale et faire de Vision 2030 la vitrine de son règne. Mohammed ben Salmane, longtemps présenté comme tout-puissant, se retrouve aujourd’hui pris entre Ormuz, Bab el-Mandeb, les Houthis et un allié américain réticent à le suivre.
Pendant près d’une décennie, Mohammed ben Salmane a construit l’image d’un homme capable de remodeler à lui seul l’Arabie saoudite. Prince héritier omniprésent, maître des principaux centres de décision, il a marginalisé ses rivaux au sein de la famille royale, bouleversé les équilibres sociaux du royaume, lancé des projets pharaoniques et imposé Vision 2030 comme le récit d’une Arabie nouvelle, affranchie de ses vieux réflexes et, à terme, de sa dépendance au pétrole.
Sur la scène régionale, il a voulu donner la même impression : celle d’un dirigeant capable de faire la guerre, de négocier avec l’Iran, de se rapprocher de Pékin, de prendre ses distances avec Washington puis de renouer avec lui lorsque ses intérêts l’exigeaient. MBS entendait montrer que l’Arabie saoudite ne subissait plus son environnement stratégique mais qu’elle le façonnait.
La crise actuelle fissure ce récit de maîtrise. Le prince qui voulait décider du tempo régional se retrouve désormais contraint de réagir aux initiatives de ses adversaires. À l’est, l’Iran exerce une pression sur le détroit d’Ormuz. Au sud, les Houthis ont repris leur offensive et renforcent leur présence autour de Bab el-Mandeb. Entre les deux, les infrastructures énergétiques saoudiennes redeviennent des cibles. Et Washington, dont Riyad reste militairement dépendant malgré ses ambitions d’autonomie stratégique, paraît peu disposé à ouvrir une nouvelle guerre pour le protéger.
Le paradoxe est saisissant. MBS n’a probablement jamais concentré autant de pouvoir à l’intérieur du royaume, mais sa marge de manœuvre régionale semble aujourd’hui plus étroite. L’homme fort de Riyad découvre qu’on peut contrôler presque tous les leviers du pouvoir chez soi sans maîtriser la géographie qui entoure son pays.
Bab el-Mandeb, le verrou qui inquiète Riyad
La guerre avec l’Iran ne se joue plus seulement dans le Golfe. Elle gagne désormais la mer Rouge et replace le Yémen au centre de l’équation stratégique saoudienne. Les derniers gains territoriaux des Houthis sur la côte occidentale ont brutalement rappelé à Riyad qu’une guerre que Mohammed ben Salmane avait cherché pendant plusieurs années à éloigner de ses frontières pouvait revenir par son flanc le plus vulnérable.
Les Houthis se sont emparés du port de Mokha et de l’île stratégique de Mayyun, également appelée Perim, située au cœur du détroit de Bab el-Mandeb. Ils ont ensuite pris les îles de Grande et Petite Hanish, renforçant leur présence en mer Rouge et leur capacité à menacer une route maritime majeure. Selon des sources yéménites, ils auraient également progressé dans la chaîne montagneuse de Kahboub, dont les hauteurs dominent le détroit, les côtes environnantes et plusieurs axes au sud de Taëz. Cette dernière avancée doit encore être considérée avec prudence faute de confirmation indépendante suffisante, mais elle s’inscrit dans une dynamique militaire désormais très préoccupante pour Riyad.
Bab el-Mandeb n’est pas seulement un enjeu yéménite. Le détroit commande la liaison entre la mer Rouge, l’océan Indien et, au-delà, le canal de Suez. Il constitue l’une des grandes artères du commerce mondial et une voie essentielle pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe. Sa valeur stratégique a encore augmenté depuis que la guerre avec l’Iran a gravement perturbé la circulation dans le détroit d’Ormuz.
L’Arabie saoudite dispose pourtant d’une solution de contournement majeure. Son oléoduc Est-Ouest relie les champs pétroliers de la province orientale au terminal de Yanbu, sur la mer Rouge, ce qui permet d’éviter Ormuz. Ces derniers mois, cette infrastructure était devenue essentielle à la sécurité énergétique du royaume. Mais elle a elle-même été frappée par une attaque de drones et son fonctionnement a été largement interrompu pour plusieurs semaines.
Le problème saoudien est donc devenu géographique autant que militaire. À l’est, l’Iran exerce une pression sur Ormuz. À l’ouest, les Houthis sont désormais en mesure de menacer l’accès méridional à la mer Rouge. Entre les deux, des groupes armés proches de Téhéran ont démontré leur capacité à frapper des infrastructures saoudiennes depuis l’Irak. La diversification des routes énergétiques, conçue précisément pour réduire les risques, ne suffit plus si plusieurs voies peuvent être touchées simultanément.
Pour MBS, cette situation est particulièrement embarrassante. Depuis plusieurs années, le prince héritier veut faire croire que l’Arabie saoudite a cessé d’être prisonnière des vulnérabilités traditionnelles du Golfe. Or la crise actuelle lui rappelle que les détroits, les pipelines et les frontières continuent de fixer les limites du possible. La géographie que Vision 2030 devait reléguer au second plan revient au premier.
Le retour du cauchemar yéménite
Le Yémen est peut-être le dossier qui résume le mieux le passage de l’omnipotence supposée aux contraintes du réel. Lorsque l’Arabie saoudite intervient en mars 2015, Mohammed ben Salmane, alors ministre de la Défense, entend restaurer le gouvernement reconnu internationalement et empêcher les Houthis de transformer leur conquête de Sanaa en prise de contrôle durable du pays.






